Don Mello parie sur une évolution populaire, sans appareil, à l’image du Sénégal. À deux mois de l’élection, Ahoua Don Mello affiche ses ambitions : une évolution citoyenne, sans appareil, sans armée.
L’ancien proche de Laurent Gbagbo estime qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’un parti structuré pour renverser l’ordre établi.
Il voit l’exemple du Sénégal, où la jeunesse et la société civile ont défait le système sans disposer d’organisation politique classique.
Face à un pouvoir usé, accusé de vouloir un quatrième mandat, Don Mello pense que les raisons d’agir sont nombreuses.
Il évoque les exclus du processus électoral, notamment ceux dont les noms ont été écartés des listes électorales officielles.
Dans un entretien accordé au journal panafricain Jeune Afrique, il dévoile sa stratégie : mobilisation populaire et communication internationale ciblée.
Selon lui, il ne s’agit pas d’un soulèvement armé, mais d’une dynamique démocratique inspirée des luttes africaines contemporaines.
Don Mello estime qu’en politique, l’intuition stratégique et l’adhésion populaire peuvent parfois remplacer l’appareil traditionnel des partis établis.
Il reconnaît que Laurent Gbagbo dispose encore d’une base solide, estimée à environ 30 % du FPI historique.
Cependant, il croit pouvoir rassembler la moitié de cet électorat, en y ajoutant les déçus du régime actuel.
Sa force, dit-il, réside dans les frustrations accumulées et les injustices perçues par une frange grandissante de la population.
Même sans armée, il mise sur l’élan populaire, nourri par les réseaux sociaux et l’influence croissante des opinions alternatives.
Il n’exclut pas le soutien extérieur : quelques contacts russes, ou au minimum, une oreille attentive du côté des BRICS.
Son discours séduit une jeunesse politisée, en quête de rupture, lassée par les figures traditionnelles du paysage ivoirien.
Pour Don Mello, chaque crise électorale rapproche la Côte d’Ivoire d’une transformation profonde, si elle est portée par le peuple.
Il parle d’un mouvement sans leader unique, sans hiérarchie rigide, où chaque citoyen devient acteur du changement à venir.
Certains analystes doutent de ses moyens, mais reconnaissent à sa démarche une sincérité idéologique et une vraie capacité de mobilisation.
Il sait qu’il dérange, et assume pleinement d’incarner une alternative radicale dans une scène politique verrouillée depuis trop longtemps.
À deux mois du scrutin, la question demeure : l’opinion populaire peut-elle, seule, déjouer un appareil d’État bien établi ?
Don Mello répond par l’espoir, la foi en l’histoire et la conviction que le peuple finit toujours par avoir raison.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

