Le 10 mars 1893, la France crée officiellement la colonie de Côte d’Ivoire en regroupant d’anciens comptoirs commerciaux établis.
Les frontières de cette colonie ont été définies par Louis Gustave Binger, officier d’ordonnance de Faidherbe, explorateur expérimenté.
Binger, issu de l’infanterie de marine, découvre dans la colonisation africaine une occasion d’affirmer ses compétences militaires et administratives.
Passionné par l’Afrique et reconnu pour sa rigueur, Binger devient le premier gouverneur de la nouvelle colonie ivoirienne créée.
Il n’occupe cette fonction que deux ans avant d’être nommé directeur des Affaires d’Afrique au ministère des Colonies.
Le territoire de la Côte d’Ivoire représente alors 322 000 km², soit les deux tiers de la superficie totale française métropolitaine.
La colonie compte environ un million d’habitants au début du XXe siècle, atteignant vingt millions un siècle plus tard.
Le sud ivoirien est composé de lagunes difficiles d’accès et de forêts tropicales clairsemées progressivement défrichées par les populations locales.
Au nord, s’étendent d’immenses savanes, terres de royaumes influents comme celui de Samory Touré, figure historique éphémère mais puissante.
On recense en Côte d’Ivoire environ soixante ethnies distinctes, parlant des langues variées et réparties en quatre principaux groupes culturels.
Les Akans, établis au sud-est, sont proches des peuples ghanéens et comprennent notamment les Baoulés ainsi que les Sanwis installés.
Les Krous, vivant au sud-ouest et proches du Libéria, forment un groupe ethnique influent dans cette partie côtière ivoirienne reconnue.
Les Malinkés, aussi appelés Mandingues, occupent principalement le nord-ouest du territoire, partageant une culture avec certaines populations guinéennes voisines.
Les Sénoufos et autres peuples voltaïques peuplent majoritairement le nord-est, formant ainsi l’une des principales ethnies ivoiriennes influentes aujourd’hui.
Les missionnaires chrétiens commencent à convertir des animistes du sud, mais peinent à imposer leur foi dans les savanes septentrionales.
L’islam y est déjà bien ancré, notamment sous l’influence de Samory Touré, qui lutte activement contre la domination coloniale française.
En 1892, il massacre la colonne militaire du capitaine Ménard à Séguéla, intensifiant ainsi la résistance contre l’expansion française persistante.
L’année suivante, la France engage une guerre contre lui, menée par le gouverneur, qui se solde par sa capture.
Avec sa défaite en 1898, la France prend totalement possession du Haut Niger et du Sahel, consolidant son emprise territoriale stratégique.
Malgré cette victoire militaire, la pacification ivoirienne reste incomplète, notamment face aux révoltes baoulés qui éclatent jusqu’en 1911 violemment.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
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