Doliprane: il y a problème sur ce médicament

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Le Doliprane, médicament le plus vendu en Côte d’Ivoire, risque de devenir un produit américain. En effet, Sanofi, le fabricant français, a annoncé qu’il négocie sa vente à un fonds d’investissement américain, CD&R.

Cette transaction concernerait la cession du contrôle d’Opella, la filiale de Sanofi dédiée aux produits en vente libre. Ce changement pourrait bouleverser le paysage pharmaceutique ivoirien.

Le Doliprane est largement consommé en Côte d’Ivoire, se présentant sous différentes formes : gélules, comprimés et sirop. C’est un médicament essentiel pour de nombreuses familles ivoiriennes, qui comptent sur son accès constant.

La transaction, évaluée à 9 825 milliards CFA, représente une somme considérable. Ce chiffre soulève des préoccupations sur l’avenir de la production locale et de l’approvisionnement.

LA POLITIQUE S’EN MELE. MACRON FAIT DES PROMESSES

Il y a deux ans, la France avait connu une grave pénurie de Doliprane. Face à cette crise, Emmanuel Macron avait promis de garantir un approvisionnement stable. Il s’était engagé à relocaliser la production, afin de sécuriser l’approvisionnement en Côte d’Ivoire et d’éviter une nouvelle pénurie.

Cependant, cette nouvelle transaction remet en question les engagements pris par le gouvernement français. Elle pourrait entraîner une dépendance accrue vis-à-vis d’intérêts américains. Les implications de ce changement de contrôle sont potentiellement inquiétantes pour la santé publique en Côte d’Ivoire.

Dans ce pays en effet au cas particulier de la Côte d’Ivoire, les constats se corsent avec l’accroissement des dépenses de santé face au renchérissement du coût de la vie (taux de pauvreté 29,5% en milieu urbain). Et à l’insuffisance de couverture médicale pour les personnes non bénéficiaires d’assurance maladie. On a donc recours au Doliprane en automédication.

Cette situation soulève également des questions politiques importantes entre deux grandes puissances. Les petits consommateurs ivoiriens se retrouvent souvent dans une position de faiblesse, sans pouvoir véritablement influencer les décisions qui les concernent.

Face à ce danger imminent, il est crucial que les citoyens prennent conscience des enjeux. Une réflexion collective est nécessaire pour s’informer sur l’avenir de notre santé et de notre économie. Les Ivoiriens doivent se mobiliser pour défendre leur accès à des médicaments essentiels.

JM AHOUSSY

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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