Le Président Laurent Gbagbo rend hommage à Memel Fotê au départ de ce dernier.
C’est avec une profonde tristesse que j’apprends la disparition du professeur Harris Memel Fotê. Memel Fotê n’est pas seulement, pour ma génération, un professeur.
Mais l’un des premiers enseignants africains à avoir exercé dans l’enseignement secondaire et dans les universités d’Afrique. Il incarne également la conscience d’une certaine idée de la dignité de l’homme noir. De la liberté en Afrique et de l’indépendance des Etats africains. Sa mort coïncide avec le 50e anniversaire des réformes institutionnelles engagées par la France en 1958.
Et qui ont débouché sur les indépendances de nos Etats, deux ans plus tard. Les courants et mouvements indépendantistes africains savent la part inestimable, au plan militant et au plan intellectuel, que Harris Memel Fotê a, personnellement, prise.
Pour et dans la marche de l’histoire de cette période pleine à la fois d’espoirs et d’incertitudes.
Il a choisi le temps de l’indépendance et de la dignité africaine. C’est pourquoi il s’est rendu en Guinée lorsque ce pays, ayant dit «Non» au référendum de septembre 1958, s’est trouvé, du jour au lendemain, privé de tout. Privé de toute assistance technique française en représailles à la décision souveraine du peuple guinéen.
