Hier, qu’ils soient de soutien ou de protestation, au président Macky Sall, les rassemblements de Dakar se sont déroulés sans heurts
Peut-être que la vague de libération des prisonniers y est pour quelque chose parce qu’elle contribue à calmer le jeu.
Hier, 23 février, quelques nouveaux prisonniers sont sortis au compte-goutte dans les régions de Thiès et Tambacounda.
350 détenus avaient été libérés à partir du 15 février. Tous avaient été arrêtés lors des violentes manifestations qui avait secoué le Sénégal entre mars 2021 et juin 2023.
Selon la ministre de la Justice, Aïssata Tall Sall, 272 autres détenus attendent encore de bénéficier de la même mesure d’élargissement.
« J’ai indiqué à mon gouvernement la nécessité de dispositions pour faciliter la libération d’un certain nombre de détenus et même aller au-delà car le pays a besoin de pardon, de réconciliation et de traverser cette période dans la paix et la stabilité » a soutenu Le chef de l’Etat sénégalais.
Ces libérations interviennent alors que les autorités tentent d’apaiser l’atmosphère climat politique, pourrie par l’annonce le 3 février du chef de l’Etat, Macky Sall, de reporter l’élection présidentielle qui devait se tenir le hier.
Sa décision a été invalidée dix jours plus tard par le conseil constitutionnel, mais depuis le président n’a pas fixé de nouvelle date de scrutin comme le lui ont demandé les sept sages. A la place, il appelle à des « concertations nationales », qui doivent s’ouvrir demain, au Centre international de conférences Abdou-Diouf de Diamnadio, qu’une grande partie de la classe politique et de la société civile a déjà refusé.
Le président Macky Sall a proposé une loi d’amnistie sans en évoquer les détails. Un projet rejeté d’emblée par le collectif des détenus qui craint que cette loi vise avant tout à préserver de toute procédure les forces de l’ordre, qu’il considère comme les responsables de la quarantaine de personnes tuées lors de manifestations depuis mars 2021.
JULIEN BOUABRE
POUVOIRS MAGAZINE

