Sénégal: l’exception démocratique vole en éclat

3 ans

Les urnes à Dakar, attendaient le 25 février prochain les électeurs pour désigner le nouveau président sénégalais, mais non, ce sera plus tard.

Le Président sortant Macky Sall qui avait promis ne pas se présenter pour un troisième mandat, décide de reporter l’élection, ce samedi 02 février dernier.

Il dit vouloir pour son pays, un scrutin libre, transparent et inclusif. Le motif? Le parlement sénégalais à 120 voix contre 24, vient d’ouvrir une enquête sur la crédibilité du scrutin, et spécialement deux juges du conseil constitutionnel soupçonnés de « corruption » alors que cet organe avait déclaré inéligible une dizaine de candidats sur la vingtaine proposée dont Ousmane Sonko le plus sérieux opposant au Président et Karim Wade, fils de l’ex président Abdoulaye Wade.
Dans la foulée, le fils Wade saisit le parlement d’un projet de loi visant à obtenir le report des élections. Dans une telle ambiance qui annonce une confusion prochaine, Macky Sall croit garantir la sérénité de l’ordre public, aussi, en reportant lesdites élections sujettes à passion débordante. Cet argument est loin de convaincre ses opposants qui le soupçonnent de chercher à se maintenir au pouvoir. Du coup, la rue s’enflamme,  les grenades lacrymogènes mêlent leurs gaz aux fumées de pneu brûlés par de nombreux  jeunes manifestants. Grosse difficulté pour le Président sortant d autant plus que la majorité du camp présidentiel conteste ce report.
La situation plus que difficile, plonge le pays dans une zone d’incertitude. De quoi inquiéter la communauté internationale et ses pairs de la Cedeao qui réclament en chœur une nouvelle date, au plus vite. Dans ces conditions, la Cedeao soutient mal le regard du Mali, du Niger et du Burkina Faso, qui regroupés au sein de l’Alliance des Etats du Sahel viennent de sortir de la communauté, il y a quelques jours à peine sous la houlette de ses militaires au pouvoir.
Le Sénégal, qui faisait figure d’exception démocratique en Afrique tant sa stabilité politique était enviable, se trouve en grande difficulté aussi bien au plan de la politique et de la sécurité intérieure que de l’image et la posture diplomatique. L’une des conséquences pourrait être la crédibilité désormais des décisions prises par la CEDEAO à l’encontre des putschistes qui n’ont peut être pas fini de s’annoncer, si l’un de ses membres les plus respectables en l’occurrence, s’autorise un  » coup d’état constitutionnel  » comme n’hésite pas à le décrire les opposants les plus virulent du Président Macky.
Fragile, elle exprime sa  » préoccupation » et demande « une nouvelle » et pour l’instant Addis Abeba se tait.
TAMA CESAR 
POUVOIRS MAGAZINE

OPINIONS

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