Les éléphants de Côte d’Ivoire ont bu le calice jusqu’à la lie face aux équato-guinéens, l’épilogue d’un naufrage prémonitoire.
Au-delà de la raclée et de l’émotion qu’elle suscite, l’heure est à la remise en cause sans compromis ni complaisance. La surdité teinté de mépris affiché par la fédération ivoirienne de football quand celle-ci se voyait alerter sur ses incohérences a fini par porter ses fruits. hélas, c’est le public ivoirien qui devra subir le résultat de cette faillite pourtant si prévisible.
La plèbe, ces passionnés dopés au patriotisme, eux les ignorants des vrais enjeux et autres rouages, ces badauds juste bons à payer des maillots et à hurler dans les stades, ceux-là porteront dans leur chair la blessure indélébile de cet affront à domicile. Et pourtant l’alerte fut donnée dès le départ.
« Droit dans le mur », « Attention danger » » Où va la Fif » etc… étaient des titres que nous POUVOIRS MAGAZINE proposait pour des articles alertes mais que la Fif n’avait ni le temps, de considérer, ni de reconnaître le bien fondé.
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Les signaux qui revenaient n’auguraient pas de lendemains reluisants. Le président Idriss Diallo et son comité directeur bottaient en touche, et prenaient littéralement de haut la presse chaque fois que celle-ci levait des lièvres. La traitant parfois d’acerbe. Le choix du technicien français répondait à des critères que visiblement seuls ses employeurs estimaient adaptés à la situation. Méconnaissance du football africain, un ratio de défaites considérables, des faits d’armes bien modestes au final pour prétendre mener un pays organisateur féru de football à la victoire. La faîtière objectera qu’elle seule avait matière à faire prévaloir ses arguments. Dans la continuité, la nomination de Faé Emerse au poste de sélectionneur adjoint, dont on se rendra bien compte plus tard du rôle secondaire au sein du staff technique. Le véritable adjoint étant Ghislain Printant. Circulez il n’y a rien à voir.
Ensuite, la forme de condescendance affichée par le sélectionneur à chaque fenêtre Fifa. Quid de conférences de presse, il se contentait de communiquer sa liste depuis les bords de la Seine sans aucune forme d’explications, tandis que ces nettoyeurs en communication pondaient des communiqués laconiques en trouvant toujours des prétextes à cette incongruité.
Les sportifs devaient avaler la pilule sans broncher et le juger au résultat selon son premier responsable. Le management également a été maintes fois épinglé, en l’occurrence la gestion de l’effectif en prélude de la coupe d’Afrique. La débâcle en terre zambienne l’avait finalement contraint d’entériner une révolution inévitable.
Que dire de l’affaire Seko-Zaha qui a cristallisé l’ambiance autour des éléphants. Dans une langue bois quasi parfaite Jean Louis Gasset martelait que ça n’était que des fantasmes de journalistes avides de choux gras. Avant de renchérir que ces derniers étaient négatifs, qu’ils voyaient le mal partout. Pour confesser bien plus tard dans une interview son ultimatum ferme à Seko Fofana pour sa participation à la CAN 2023.
Chaque fois que l’opinion remettait en cause certains choix en équipe nationale, la FIF la sommait de se contenter de supporter et que tout irait bien pour le tournoi. Et quand par ailleurs on s’interrogeait sur le nombre pléthorique des chargés de mission, de leur réelles attributions, on rétorquait qu’il fallait sonner la mobilisation et éviter de se disperser.
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Même si personne n’était dupe qu’il s’agissait de récompenser des soutiens de la campagne électorale, l’opinion s’est une fois de plus exécutée. Point n’est besoin d’évoquer les approximations tactiques depuis les matchs de préparations jusqu’à ce qu’à la gifle d’hier.
Alors à l’heure du bilan nous revendiquons la légitimité pour épingler les insuffisances de cette gestion. Pour fustiger la présomption de cette fédération de détenir la science infuse, sa propension à snober la critique, à la minimiser, à la balayer du revers de la main. Nous la jugeons au résultat comme convenu.
C’est donc un fiasco! Et c’est peu dire.
Du casting de Gasset et les raisons troubles qui ont joué en la faveur de son curriculum peu glorieux, à la politique tous azimuts en faveur des binationaux. Cette bavure porte le sceau de leur suffisance, de leur allergie à la contradiction, du refus à la divergence. Le raccourci fallacieux qui consiste à voir l’attaque personnelle derrière la moindre critique a mené la Côte d’ivoire à ce supplice. Qu’ils en tirent les conclusions.
ERIC OULLA, Ebimpé
POUVOIRS MAGAZINE

