Medza Me Dong Laure est journaliste gabonaise et traite ici de la condition de la femme esseulée au milieu des hommes de média
Quel est brièvement votre parcours?
J’ai fait toutes mes études primaire, secondaire et universitaire chez moi au Gabon.
Pour l’université, j’y ai juste passé 2années en Études Hyberiques avant d’embrasser le monde de la communication via un casting en 2001 sur la chaîne nationale. Je suis devenue animatrice d’un programme pour jeunes baptisé « Espaces Jeunes« . J’y ai passé 2 années, avant que les circonstances de la vie ne me mènent en 2005, dans le monde du journalisme sportif. Avec un bel encadrement, je me suis davantage ancrée dans le milieu et la persévérance a payé en 2019 lorsque je deviens la 1ère femme au Gabon, nommée Chef de service sport de la Télévision Nationale, et 1ere femme pour toutes les rédactions sportives à ce poste.
A quoi est confrontée la femme qui désire embrasser la carrière de journaliste.
Déjà les préjugés fruits de nos traditions. Quelques anecdotes. Ce métier met en lumière son Homme aussi les femmes qui s’engagent vont être considérées comme des insoumises, des infidèles et subiront parfois les avances des Hommes qu’elles seront emmenées à côtoyer. Des avances qui pourront vite devenir du harcèlement et pourraient bloquer leur carrière.
Préjugés également parce que le potentiel de la journaliste sera difficilement reconnu et exploité. On lui demandera toujours 4 fois plus qu’à ses confrères.
Pour celles qui sont mariées ou ont des enfants, ce métier oblige à tellement de contrainte que parfois il faut sacrifier les siens.
De quoi souffre telle le plus?
Être journaliste, surtout pour une femme et mieux être une journaliste sportive c’est passionnant mais c’est la jungle. Un milieu sans merci et sans concession pour les talons aiguilles malgré leur make-up. Pour la femme, il faut 4 fois plus de tout: de travail, de sacrifices, de nuits blanches et s’attendre également à des frustrations, des loupés, des injustices. Tout entendre mais ne pas lâcher. Être prête à tout entendre, tout subir mais ne jamais oublier que c’est le prix à payer parfois.
Quelle est sa part de responsabilité, si elle en a une, dans la discrimination dont elle est victime ?
Son silence, son besoin de toujours tout relativiser, sa grande sensibilité pour certaines. La femme reporter, la journaliste est avant tout une mère, une confidence, un pilier pour avancer ; aussi ce côté se glissera toujours dans ses pores, ses veines au moment de décider. Mais si les journalistes sportives savent parler, plaider pour les autres, il n’en est pas de même pour elles-mêmes. Une journaliste peut se retrouver à subir les intrigues, coups bas et autres méchanceté gratuite, subir sans rien dire. Peu d’entre elles crient au loup, combattent le loup. Certaines ont par le passé lâcher prise et choisi d’autres voies, aujourd’hui encore cela arrive qu’une journaliste jette l’éponge mais il y a heureusement des louves devenues Cheffe de meute et que les obstacles n’effraient plus.
POUVOIRS MAGAZINE

