Les 9e jeux de la francophonie auront lieu demain 28 juillet jusqu’au 6 août à Kinshasa et la Côte d’Ivoire sera dans le volet culturel représentée par un sculpteur de poids, Soro Kafana, issu d’une famille de forgeron.
Souvent en tenue traditionnelle, l’artiste se coiffe d’un chapeau de berger. Ses moustaches sont longues et en évidence. Il représentera dans le concours de la sculpture et grandira davantage logue avec le bois en expérience.
La pièce qu’il présente est Dipsade, du nom d’un serpent mythique dont la morsure provoquait selon les récits de l’Antiquité, une forte soif. Elle est forte de 245 cm. Le sculpteur a suivi une formation pendant 5 ans auprès de James Kokobi. Ces pièces ne se privent pas de volume
Soro dialogue avec le bois parce que « je ne suis pas responsable de lui. Il m’a précédé, il a existé et il existe bien avant moi. A l’intérieur de lui vivent des entités. Je suis issu d’une famille de forgeron et je sais que le neuvième morceau d’un bois qu’on travaille, on le retire, on le jette pour ne pas avoir à l’utiliser. Mais aujourd’hui par ignorance, par irrespect, certains utilisent. »
Au delà du bois, il y a la tronçonneuse qui est très dangereuse et à laquelle l’artiste fait très attention. C’est ce qui l’amène lorsqu’il a fermé les yeux pour réussir une introspection, à s’adresser au bois. Il lui parle et le bois l’écoute. Puis à son tour, le bois lui parle et Soro de l’écouter attentivement. Par moment, il se lève touche et caresse le bois. Puis s’en éloigne, se retire et de loin, l’observe.
Souventes fois, il dessine. Et propose des idées graphiques à l’arbre qui doit acquiescer ou doit décliner l’offre. En cas de refus de l’arbre, l’artiste renonce à son projet et passe à autres choses. Il est des moments où l’artiste arrête le travail d’une pièce pour aller poursuivre celui d’une autre pièce, avant de revenir. Soro Kafana est un sculpteur qui explore la communication artistique avec les arbres à travers des pratiques d’arboriculture artistique.
POUVOIRS MAGAZINE

