Juin 2016-Juin 2023: 7 ans que Konian François est parti
Si du 9 au 11 juin 2023 se tiendra le festival François Konian de Morofe (Fefko), c’est pour rendre hommage à un homme qui aura marqué le show biz ivoirien.
Le 7 juin, ça fera 7 ans que « le père » François Konian est décédé, une date de mardi 07 juin 2016 des suites d’une courte maladie. Il a été inhumé à Yamoussoukro le samedi 23 juillet. « Papa Konian« , « Le Boss » aimaient à l’appeler tous ses enfants qu’il a eu par adoption lors de son mariage avec l’entrepreneuriat culturel. Dans ces pseudonymes se sentait de l’affection et du respect. L’homme en imposait en effet. Pilote était le rêve de ce fils d’homme politique Félicien Konian Kodjo, disciple d’Houphouët-Boigny. Félicien fait inscrire le nom Houphouët sur l’extrait d’acte de naissance de son fils qu’il veut voir embrasser la carrière d’imprimeur, un métier en devenir.
Mais François est un rebelle qui très jeune porte des montres de trop grandes valeurs, roule une moto de trop grandes valeurs, une Harley de série limitée. Il joue de la musique, propose des lignes de basse avec son groupe Soul Guys.
Il choisit ensuite d’impacter le show biz de son pays; comme il reçoit des revues américaines, françaises qui parlent de musique. Le jeune veut, mieux que devenir une star, toucher le sommet en fabriquant des étoiles.
Il commence par apprendre et comprendre le métier. Pour le réussir il commence par le bas de l’échelle. il voyage beaucoup. Aux Etats-Unis, il tourne dans tous les milieux de fabrications de disque. Il fait la même chose en Asie où avec moins que rien on fabrique, au noir des Vinyl. Il va rencontrer le Patron de Cbs.
Quand il a fini de faire ses classes, il vient à Abidjan et c’est lui qui fabrique de ses propres mains, le premier Vinyl de Côte d’Ivoire. Plus tard, il se mettra à produire des artistes, des étoiles à la pelle. Bébé Manga, Nayanka Bell, Jimmy Hyacinthe, Ernesto Djédjé, Ras…Pour l’un ou pour l’autre il choisit les meilleurs ingrédients de réussite. Et ça marche parce qu’ensuite il respecte ses artistes. « C’est le seul africain qui respecte les musiciens et chanteurs » dira de lui Jacob Devarieux du groupe Kassav.
L’homme devient incontournable. Quand le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny rêve d’une jeunesse qui retourne à la terre. François à l’idée de fabriquer une race d’agriculteurs musiciens. Ainsi le groupe Woya nait qui donnera Marcellin Yacé, Tiane, David Tayorault, Manou Gallo, Anicet Gallio, Tangara Speed Ghôda pour faire danser et rêver toute l’Afrique et les Africains parmi lesquels les illustres Nigérian Fela Kuti et Burkinabè Thomas Sankara.
Quand le groupe se disloque. François Konian rêve d’une Radio. C’est l’époque où « Nostalgie » s’est installée en Côte d’Ivoire et fait fureur.
Pour François la valeur d’une Radio ne tient pas à son immensité à ses locaux mais plutôt à l’esprit qui préside à sa création. Il estime en comparaison qu’un piment n’est pas efficace par sa taille. D’où l’utilisation d’un tout petit piment jaune pour symboliser sa Radio Jam qui passe en boucle la voix et les pensées de paix d’Houphouët-Boigny
La réussite est immédiate parce que l’homme aura lui même veillé à tout.
Aucun artiste ne conçoit la sortie d’un album sans passer par Jam. Alors tout homme et toute femme en studio chante « Le boss », « Papa François Konian ». C’est presqu’un sésame.
Puis les jeunes insistent pour l’inviter à la maire de Yamoussoukro. Même si la politique n’est pas trop sa tasse de thé, l’homme cède.
Des signes de fatigue se font sentir. Konian malade part un 7 juin 2013. Sept mois après, un de ses fils Evra Maiga Konian, le rejoint. Konian aura été l’entrepreneur culturel le plus efficace que la Côte d’Ivoire ait connu.
POUVOIRS MAGAZINE

