Portrait. Claude Sahi, le négociateur de l’ombre

3 ans

Claude Sahi Soumahoro, nommé le 8 juin 2021 par décret présidentiel chef de cabinet d’Alassane Ouattara (ADO), fut l’un des piliers du ministère de l’Intérieur, où il était le directeur des affaires politiques. Hamed Bakayoko dont il était proche avait recruté en 2014 celui qui a été très actif dans les rangs de la Fesci au point de pouvoir et savoir échanger avec Soro, Blé, et même Ib.

Les traits caractéristiques qu’il présente, dès les premiers contacts, sont ceux d’une personne de conviction. Un interlocuteur attaché aux valeurs humaines et soucieux de partager avec son entourage, ce qu’il a au tréfonds de son âme. Pour véhiculer ses convictions, celui qu’on appelait communément « l’enfant mystère » de l’époque des heures chaudes de l’université nationale de Cocody, communique…parle bien est éloquent.
Claude Soumahoro Sahi est né le 6 juin d’une année quelconque. Un jour qui l’inscrit, selon les amoureux des théories astrologiques, au rang des natifs du signe des gémeaux, ces éternels enfants-matures, vifs, talentueux à souhait et qui vivent leur jeunesse d’esprit, même à 77 ans. Selon cette théorie, l’influence de la planète Mercure fait d’eux, des gens presque toujours fascinés par les études et caractérisés par la particularité de leur timbre vocal. Situés sur la croix mutable du changement, ces amoureux des couleurs bougent toujours à une vitesse vertigineuse, avec une prédisposition naturelle à impulser une nouvelle dynamique aux choses.

Désir d’échanger avec la jeunesse ivoirienne

Chez Claude Sahi, ce désir de tout changer commence au début des années 90. Une époque où il fallait, selon lui, « parler à la
jeunesse ivoirienne. Lui dire qu’elle valait mieux que ce qu’elle croyait être ». Pour l’ex-étudiant du Professeur Zadi Zaourou, qu’il
est, il s’agissait surtout d’encourager les jeunes à « sortir de la termitière avec beaucoup de sagesse, pour accéder à d’autres
réalités ». En prenant cette maxime à bras-le-corps, Claude Sahi se laisse guider par la volonté d’aller chaque jour, au de-là
des apparences, pour accéder au sens caché des choses… La seule voie qui réponde à cette préoccupation semble être, selon
lui, celle du journalisme. « Une profession qui place le journaliste reporter, animateur ou présentateur, au rang de Kaparatia »,
cette entité qui, dans la cosmogonie sénoufo, se situe entre Dieu et les hommes. C’est, selon lui, cet être qui a l’obligation
de dire au peuple, ce qui l’aide à élever sa conscience morale et citoyenne. Pour la jeunesse ivoirienne, Claude Sahi voulait être
un « Kaparatia ».
Il s’intéresse donc au journalisme, en choisissant comme modèle feu Roger Fulgence Kassy qui était, selon lui, le porte-flambeau de
la jeunesse ivoirienne de cette époque. D’autres noms s’imposent à lui. Notamment, David Mobio, Georges Aboké…Claude Sahi
décide alors de s’inscrire à l’Institut des sciences et techniques de la communication (Istc) d’Abidjan et rêve surtout de devenir
grand interviewer des hommes politiques de renom.

En 1998, il est admis comme stagiaire au journal télévisé de France 3.

De retour à Abidjan pour sa dernière année à l’Istc, il se rend compte que le jeu politique, tel qu’il est mené dans son pays, n’est pas
celui de ses rêves. Il repart alors en France, où il est, cette fois ci, admis à la rédaction de France 2 et se lie d’amitié avec des
journalistes de renom tels que Bernard Doza et As Diop avec qui il découvre aussi les rouages de Rfi.

A la rédaction d’Enghien-les Bains, une banlieue située dans le 94e arrondissement, il crée des émissions comme « Questions d’Afrique » où il reçoit différentes personnalités africaines qui débattent des périodes de crises en Afrique. Au sein de cette radio communale, il devient membre du Centre d’accueil de la presse étrangère (Cape), basé dans les locaux de Rfi et de l’Association de la presse panafricaine qui était alors présidée par Louis Keumayou, passé plus tard directeur de 3A Télésud.

Ses différentes rencontres le mettent progressivement en contact avec plusieurs acteurs de la vie politique. L’expérience en France se poursuit jusqu’en 1999, où la décision de revenir au pays coïncide avec les événements survenus dans la même année. En attendant le retour à la normalité en Côte d’Ivoire, Claude Sahi est employé comme conseiller enquêteur de sondages dans une importante structure de la place, suit des cours à l’Université Léonard de Vinci et se forme, parallèlement à cela, au Centre d’études diplomatiques et stratégiques (Ceds). Il devient donc diplomate.

Politique comme outil de consolidation de la paix

Une fois arrivée en Côte d’Ivoire en 2006, il participe à la première conférence officielle des membres du parti politique « Unir » dont il devient le président, aux côtés de plusieurs personnalités. L’initiative accroît son charisme. Le Chef de l’Etat du Burkina-Faso le reçoit par l’entremise de son ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale, Djibrill Bassolé. Claude Sahi réalise ici, qu’ « on ne crée pas un parti pour faire des coups d’État ou soutenir ceux qui en font ». Mais toujours convaincu que sa génération a son mot à dire
dans l’évolution de la vie sociopolitique, il décide de quitter ce parti, pour créer d’autres structures comme « Espace Côte d’Ivoire», « un million d’emplois » puis « la Fondation pour l’appui à la consolidation de la paix en Afrique (Cppa)», parrainée par Edem Kodjo, ambassadeur itinérant de la Cedeao et plusieurs autres personnalités. Alors qu’il peaufine ses idées dans ce sens, il est sollicité pour
donner une nouvelle dynamique à l’Ecole des hautes études commerciales (Hec) d’Abidjan, dont il a été le directeur général.

Puis la politique le rattrape. Il est nommé par Hamed Bakayoko qui en fait un pion clé du ministère de l’intérieur et de la sécurité. Il fait ses preuves et est élevé au grade de ministre plénipotentiaire des affaires étrangère en 2018 avant qu’il n’obtienne le titre d’ambassadeur un an plus tard. Le président a suivi son parcours de près, appréciant son profil de technocrate. Claude Sahi a été le contact permanent des opposants ivoiriens, qu’il connaît très bien. Il a été pour beaucoup pour le retour des exilés dont Blé Goudé,  Le Président de la République de Côte d’Ivoire, Monsieur Alassane Ouattara le choisit pour devenir son chef de Cabinet en 2021. Le 14 janvier 2023,son père le Patriarche Louaty Soumahoro a été rappelé à Dieu. Le 31 mars 2023 c’est Claude Sahi qui a représenté le chef de l’Etat à la fête de la liberté organisé par le Ppa-Ci de Laurent Gbagbo.

POUVOIRS MAGAZINE. 

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