Quel est le sens de votre présence à ce 13ème Salon International du Livre d’Abidjan ?
Françoise Remarck : A travers ce Salon, et surtout à travers le pays invité d’honneur, le Congo, il s’agit célébrer l’amitié et la fraternité entre nos deux pays. Il s’agit de célébrer aussi ce qui nous unit madame la ministre et moi, c’est-à-dire la culture que nous avons en charge dans nos deux Etats, et pour laquelle nous avons exactement la même approche. Puisque que la culture dans nos deux pays est supportée par la vision de nos Chefs d’Etat, le Président Sassou-Nguesso et le Président Alassane Ouattara. Cette vision partagée est de faire de la culture un des piliers essentiels pour la transformation de nos secteurs. Et donc la culture doit être vue comme un secteur économique créateur d’emplois, évidemment dans cette année 2023 qui est dédiée à la jeunesse. Et pour accompagner cette vision, un Salon comme celui-là, le Salon International du Livre d’Abidjan, démontre toute la vitalité du secteur du livre, bien sûr en Côte d’Ivoire, mais surtout sur le continent, particulièrement au Congo. C’est cela aussi que nous célébrons aujourd’hui.
Marie-France Lydie Pongault : Nous tenons aujourd’hui à remercier le peuple ivoirien de nous avoir donné l’opportunité d’être ici et d’être pays à l’honneur du 13ème Salon International du Livre d’Abidjan. Et comme l’a dit madame la ministre, nous avons la même approche, la même vision culturelle en tout cas en ce qui concerne le livre. Et toutes les deux, nous souhaitons montrer et concrétiser cette politique de nos deux Chefs d’Etat, Alassane Ouattara et Denis Sassou-Nguesso , pour que la littérature africaine soit lue , valorisée et reconnue. C’est un pilier fondamental de cette politique.
Le livre est généralement le parent pauvre des politiques culturelles en Afrique. Comment changer cette donne ?
Françoise Remarck : Le livre, comme le secteur de la culture est , inscrit comme pilier numéro 1 du PND 2021-2025. Cela démontre tout l’intérêt que le Président de la République accorde au secteur de la culture. Je n’utiliserai pas le terme « parent pauvre » parce que, lorsqu’on voit la vitalité de l’édition en Cote d’Ivoire, la créativité des jeunes aujourd’hui qui continuent de produire, on ne peut qu’être heureux. On ne peut qu’être aussi heureux de voir que malgré le numérique ou grâce au numérique, le gout de la lecture est aujourd’hui une réalité. Et d’ailleurs, la politique ivoirienne en matière d’accompagnement, de la lecture est conséquente puisqu’elle est inscrite à travers une loi, la loi 2015 pour la promotion de la lecture. Mais surtout, on voit aussi la force des faitières, des associations, notamment celles qui font la promotion du livre, non seulement a travers les établissements scolaires mais aussi à travers une politique décentralisée de bibliothèques, de médiathèques. Sur ce point, je veux citer une expérience exceptionnelle qui est portée par l’OIF et les collectivités ivoiriennes. Il s’agit des centres de lecture et d’action culturelle, les CLAC, pour lesquels nous avons 20 centres. Les élus locaux mettent le local à disposition, l’OIF nous mets à disposition des livres et des tablettes numériques et le ministère de la culture met à disposition des animateurs culturels. Et on s’est rendu compte que partout où les CLAC étaient installés, le taux de réussite des élèves était de 20 points supérieurs à la moyenne nationale. Ce qui donne de l’espoir et nous encourage à continuer dans cette vision. Surtout que nous sommes supportés par le Président de la République Alassane Ouattara.
Marie-France Lydie Pongault : On peut penser que le livre est le parent pauvre de la culture, non. Le livre est un élément important de la culture. C’est fondamental. Au Congo, nous avons une politique décentralisée de la lecture publique où dans les régions, nous avons des bibliothèques au niveau des municipalités pour que les jeunes puisent être proches du livre et qu’ils découvrent d’autres univers ,d’autres mondes qui leur ouvrent l’esprit et leur apportent la connaissance pour se construire et construire le pays.
Est-ce qu’une femme ministre de la Culture, ça change quelque chose ?
Françoise Remarck : Je ne sais pas si ca change quelque chose, mais il faut reconnaitre qu’en tant que femme et ministre, nous apportons une énergie, une écoute une compréhension, une proximité certaine. Certes tous ces éléments sont portés par tous les ministres de la République, mais avec cette énergie, cette volonté de porter haut les missions qui nous sont confiées, ca permet d’avoir peut-être un impact. Parce que l’envie d’impacter nous porte. On a en tout cas cette conviction que la culture est un socle et nous travaillons à cela.
Marie-France Lydie Pongault : Je suis sûre que ça apporte quelque chose. Je suppose qu’il y a une touche réelle de féminité dans nos actions, dans ce que nous faisons. Cette touche, elle est particulière. Et C’est ce qui nous motive à toujours chercher à aller de l’avant, à faire avancer nos missions.
Quel regard chacune de vous porte sur la culture du pays de l’autre ?
Françoise Remarck : J’ai un sentiment de fierté parce que le Congo nous inspire, le Congo inspire tout le continent africain, le Congo inspire la culture mondiale. Et ça, nous en sommes fiers, une fierté partagée qui nous donne envie d’approfondir et d’avoir des projets communs afin d’impacter nos jeunes, nos populations et bien sûr de faire rayonner notre continent.
Marie-France Lydie Pongault : Au niveau de la littérature, le regard que le Congo a de la Côte d’Ivoire est un regard de fierté. Parce qu’elle a sa touche dans ce cercle de la littérature mondiale. De ces écrivains, nous pouvons citer Bernard Dadié qui a marqué tout le continent par son combat pour la dignité de l’homme noir et ça c’est un fait remarquable jusqu’au Congo.
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