Le Sila est placé sous votre Présidence, quel est votre sentiment ?
Le Salon international du livre d’Abidjan (SILA) s’est imposé au fil des années comme un rendez-vous incontournable de la culture et de l’éducation dans notre pays. Vous conviendrez avec moi que l’importance du livre dans notre société interconnectée n’est plus à démontrer. Mathias Enard disait : « Les livres restent, en définitive, avec le feu, la seule façon de combattre les ténèbres ». L’édition précédente, parrainée par le Président du CESEC, Dr Eugène Aka Aouélé, a permis de relever l’immédiate nécessité de faire la promotion du livre et de valoriser toute la chaîne de production.
Pour cette année 2023, le SILA va s’intéresser au « livre dans tous ses états ». Je voudrais donc traduire ma reconnaissance aux organisateurs pour l’honneur qu’ils me font de me faire présider la 13ème édition de cet événement international majeur.
Qu’est-ce qui a motivé votre adhésion à cet événement ?
Antoine Albalat, célèbre auteur français disait : « La lecture nourrit l’âme, comme le pain nourrit le corps. ». La lecture a toujours été une passion pour moi, tout au long de mon parcours. Et je pense que nous avons le devoir de transmettre aux jeunes générations le goût de la lecture. C’est d’ailleurs ce que je fais autant avec mes proches qu’avec mes collaborateurs. Je suis moi-même auteur de deux ouvrages, l’un sur la thématique de la régionalisation et l’autre sur le Sénat. Je contribue ainsi à la promotion du livre et de la lecture, surtout auprès des plus jeunes.
Cet événement d’envergure semble être à mille lieues de vos activités. Comment établir le lien entre ceux qui légifèrent et ceux qui produisent la pensée ?
Le monde parlementaire et le monde littéraire ne sont pas si éloignés que vous pouvez le penser. En réalité, ces deux mondes sont liés et plusieurs Sénateurs sont auteurs d’ouvrages littéraires.
Par ailleurs, le livre aide le parlementaire à mieux faire son travail. En effet, l’examen d’un projet de loi nécessite une recherche documentaire très poussée. La lecture de plusieurs documents et ouvrages permet au Sénateur d’avoir une vision beaucoup plus large des sujets abordés. Tout cela au bénéfice du renforcement de la qualité de la loi.
Concrètement comment se manifestera cette présidence. Quel en est le contenu ? La matérialisation de cette participation au Sila ?
Le Sénat prend une part active à cette 13ème édition du SILA afin de rapprocher davantage l’Institution des populations. Le SILA sera également l’occasion de porter à la connaissance du grand public les contributions littéraires des Sénateurs, notamment :
– « Le cacao profite-t-il encore à la Côte d’Ivoire ? » (Jean-Baptiste PANY) ;
– « La noix de cajou en Côte d’Ivoire » (Jean-Baptiste PANY) ;
– » Les Alliances Et Coalitions Politiques : Quel Espoir Pour La Démocratie ? » (Alain COCAUTHREY) ;
– « La régionalisation pour tous, l’élu local pour vous servir » (Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO) ;
– » Le Sénat de Côte d’Ivoire, une Institution au cœur de la République » (Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO).
Disposerez-vous d’un stand ? Si oui, qu’en feriez-vous pendant la durée du SILA ?
Comme je le disais, pendant ces cinq jours, le Sénat va s’ouvrir aux populations. Un stand d’exposition dédié à l’Institution sera animé sur cette période par les équipes du Sénat et plusieurs supports d’information seront mis à la disposition du grand public.
Je voudrais saisir cette occasion pour inviter les populations à faire un tour au SILA 2023 où le Sénat les attend.
Vous n’êtes pas loin du livre. On vous doit la rédaction de « La régionalisation pour tous, l’élu local pour vous servir » sorti des fabriques de l’Harmattan. Qu’est-ce qui a présidé à la rédaction d’un tel ouvrage ?
En tant qu’élu local, je me suis toujours intéressé aux questions de développement dans les collectivités territoriales. Pour avoir eu le privilège de siéger au sein de différents exécutifs locaux, il était de mon devoir de partager les enseignements de ces décennies de gestion.
C’est la raison principale qui m’a guidé vers ce projet afin de jeter un regard de « l’intérieur » sur l’implication réelle de l’élu local dans le développement de nos terroirs.
Le linge sale se lave bien en famille et il est constant que celui qui aime bien châtie bien. Fort de ces maximes universelles, j’ai tenu, à travers cet ouvrage, à relever d’une part les nombreux acquis de la gestion locale de nos collectivités territoriales par des dirigeants conscients de leur devoir et responsabilités ; et à dénoncer d’autre part les « maladies infantiles » qui minent quelquefois la performance et l’efficacité des collectivités locales dans leur réponse face aux attentes légitimes des populations qui sont notre véritable raison d’être.
Certains vous attendaient sur le terrain politique pur et dur, vous avez occupé des fonctions ministérielles, été chef de gouvernement, et c’est plutôt sur le terrain du développement citoyen, du progrès des populations que vous nous amenez ? Est-ce prioritaire ou plus important ?
Vous savez, chaque fois que j’en ai l’occasion, je rappelle aux uns et aux autres que les questions de développement doivent impérativement primer sur les considérations politiques. Aujourd’hui, avec le Président Alassane Ouattara, nous sommes tous unanimes que la Côte d’Ivoire est en plein essor. Les bénéfices de cette politique de développement mise en œuvre par le Président de la République profitent à tous les Ivoiriens, sans distinction de couleur politique.
Au sein de nos différentes collectivités, il faut que les acteurs locaux comprennent la nécessité de travailler en synergie, main dans la main, afin d’atteindre les objectifs de développement.
De quel type de régionalisations êtes-vous l’adepte ?
Le vrai développement part de la base vers le sommet. Les politiques de décentralisation devraient s’inscrire dans cette vision du développement de proximité conduite par des hommes et des femmes proches de leurs terroirs et suffisamment imprégnés des réels besoins d’épanouissement des populations, surtout les plus vulnérables.
La régionalisation ou la gestion des territoires par l’approche des régions est une voie idéale vers ce développement durable, inclusif, participatif et attractif. Cela requiert de l’élu local notamment africain et ivoirien un réel engagement et une connaissance des grands enjeux de développement dans un monde en perpétuelle et irréversible mutation.
A la page 69 de votre livre, vous comparez la tâche de l’élu local à celle de la fourmi, dans une allégorie qui rappelle La Fontaine. Pourquoi cet éloge du labeur ?
La fonction de l’élu local est un sacerdoce, un appel du cœur et un devoir de solidarité communautaire. Tout comme la fourmi qui incarne le travail d’équipe, méthodique et méticuleux, l’élu local doit s’illustrer par son travail et le don de soi pour sa communauté. Nous devons comprendre que c’est par le travail bien fait que nous pourrons atteindre l’objectif du développement. A mon sens, l’on ne s’improvise pas élu local. C’est la réponse soit à un appel de raison, soit à un appel du cœur. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit pour le fils ou la fille qui veut se mettre au service de ses parents, de la collectivité ou de la communauté de se sentir appelé(e) par ceux-ci ou alors de se sentir prêt(e) et motivé(e) à servir.
L’écriture est un virus. Etes-vous en instance de nous produire d’autres ouvrages ? Dites-nous-en un mot ?
Comme je l’ai relevé plus haut, je suis auteur de deux ouvrages. Le premier, intitulé « La régionalisation pour tous, l’élu local pour vous servir » est paru aux éditions L’Harmattan en 2021. Le second ouvrage, intitulé » Le Sénat de Côte d’Ivoire, une Institution au cœur de la République « , a été publié récemment, en avril 2023. La dédicace a eu lieu le 13 avril dernier en présence du Vice-Président de la République, à l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire 2023 du Sénat. Cet ouvrage, qui s’articule autour de deux grandes parties à savoir l’avènement du Sénat en Côte d’Ivoire : de l’indépendance à nos jours (partie I) et l’organisation et le fonctionnement du Sénat ivoirien (partie II), fait le bilan, cinq (05) ans après, de l’instauration du Sénat en Côte d’Ivoire dans une perspective de renforcement de la démocratie participative. Après ces ouvrages, l’inspiration, je l’espère, me permettra de partager d’autres sujets avec mes concitoyens.