Études supérieures : pourquoi les femmes désormais majoritaires dans la plupart des pays ?

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En un quart de siècle, le rapport de forces dans l’enseignement supérieur s’est profondément transformé.

Dans la plupart des pays, les femmes sont désormais plus nombreuses que les hommes à accéder à l’université et à obtenir un diplôme supérieur. Mais cette progression ne se traduit pas automatiquement par une égalité sur le marché du travail. Le Japon et la Corée du Sud constituent, à cet égard, des cas particuliers. Que révèlent ces écarts sur les parcours scolaires, les choix d’orientation et la persistance des inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes ?

« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. » — Marie Curie

Cette phrase de Marie Curie prend une résonance particulière lorsqu’elle est appliquée à l’évolution de l’éducation des femmes. En quelques décennies, l’enseignement supérieur a connu une transformation majeure : dans une grande partie du monde, les femmes ont non seulement rattrapé les hommes, mais les ont désormais dépassés en matière d’accès aux études supérieures et de niveau de diplôme.

Selon l’OCDE, dans les pays membres de l’organisation, 54 % des femmes âgées de 25 à 34 ans détenaient un diplôme de l’enseignement supérieur en 2023, contre 41 % des hommes. Les femmes représentent également 56 % des nouveaux entrants dans l’enseignement supérieur. Elles sont par ailleurs davantage susceptibles que les hommes d’achever leurs études supériEURES. Cette évolution ne signifie toutefois pas que toutes les inégalités entre les sexes ont disparu. Le paradoxe est même particulièrement visible sur le marché du travail : l’avantage éducatif des femmes ne se traduit pas par un avantage comparable en matière d’emploi, de rémunération ou de progression de carrière.

Dans quels pays les femmes sont-elles les plus susceptibles de faire des études supérieures ?

À l’échelle internationale, les données de la Banque mondiale et de l’Institut de statistique de l’UNESCO montrent une tendance générale favorable aux femmes dans l’enseignement supérieur. Mais l’ampleur de cet avantage varie fortement selon les pays.

Dans plusieurs États, l’écart entre les femmes et les hommes est particulièrement important. Les données présentées dans cette analyse font notamment apparaître des écarts élevés en faveur des femmes en Gambie, à Saint-Martin, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, au Qatar, aux Maldives, à Tuvalu, en Guyana, à Aruba ou encore aux Samoa.

L’Europe du Nord et plusieurs pays d’Amérique latine présentent également des écarts importants. La Suède, par exemple, affiche un écart de 40 points dans les données retenues, tandis que le Brésil atteint 36 points, les États-Unis 32 points et l’Australie 31 points.

Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec prudence. Un taux de scolarisation brut ne mesure pas simplement la proportion d’une génération qui fréquente l‘université. Il peut également inclure des étudiants plus âgés ou plus jeunes que la population théoriquement concernée. Les différences entre les pays en matière d’âge d’entrée dans l’enseignement supérieur, de durée des études et de parcours universitaires peuvent donc influencer les écarts observés.

La tendance générale est néanmoins claire : dans les pays de l’OCDE, les femmes sont aujourd’hui majoritaires parmi les nouveaux entrants dans l’enseignement supérieur et obtiennent davantage de diplômes universitaires que les hommes. En 2023, l’OCDE comptait ainsi 1,4 diplômée pour chaque diplômé aux niveaux licencES

Pourquoi le Japon et la Corée du Sud font-ils exception ?

L’Asie de l’Est offre un contraste particulièrement intéressant.

La Chine, Hong Kong et Singapour présentent, selon les données utilisées ici, des taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur plus élevés chez les femmes que chez les hommes. Le Japon et surtout la Corée du Sud se distinguent en revanche par une situation différente.

Dans les données de l’OCDE, le Japon et la Corée figurent parmi les pays où l’écart entre les sexes dans l’accès au supérieur est le plus faible. La Corée est même l’un des rares pays de l’OCDE où la proportion d’hommes inscrits reste supérieure à celle des femmes.

En Corée du Sud, le service militaire obligatoire concerne la majorité des hommes aptes physiquement. Il peut interrompre temporairement leurs études et modifier la durée et le calendrier des parcours universitaires.

CAMUS BOMISSO

POUVOIRS MAGAZINE

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