Cancer du sein : le dépistage précoce, principal rempart contre la mortalité

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Premier cancer chez la femme en Côte d’Ivoire, le cancer du sein demeure un défi majeur de santé publique.

Pourtant, les progrès thérapeutiques et le renforcement des dispositifs de prise en charge offrent de meilleures perspectives de survie. Directrice générale du CNRAO, la professeure Judith Didi-Kouko Coulibaly appelle à une vigilance permanente, au-delà des campagnes d’Octobre Rose.

Le cancer du sein n’est pas une fatalité, à condition de le détecter suffisamment tôt et de bénéficier d’un traitement approprié. C’est le message que porte la professeure Judith Didi-Kouko Coulibaly, directrice générale du Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO).

Selon les données de Globocan évoquées par la spécialiste, cette pathologie occupe la première place des cancers diagnostiqués en Côte d’Ivoire. Face à cette réalité, elle insiste sur une nécessité : ne pas attendre l’apparition des symptômes pour consulter. Depuis 2024, le CNRAO dispose ainsi d’un service de prévention et de dépistage ouvert tous les jours ouvrables. Une permanence qui traduit la volonté d’inscrire la prévention dans la durée, au-delà des campagnes ponctuelles de sensibilisation.

L’accessibilité aux examens constitue un autre front de cette mobilisation.

L’État a notamment déployé des mammographes dans plusieurs établissements sanitaires et acquis un véhicule mobile destiné à rapprocher le dépistage des populations. Parallèlement, le renforcement des plateaux techniques, notamment au CNRAO, améliore les possibilités de traitement. L’installation annoncée d’un nouvel appareil de radiothérapie Halcyon s’inscrit dans cette dynamique de modernisation.

Mais l’accès aux soins ne dépend pas uniquement de la disponibilité des équipements. Leur coût reste une préoccupation majeure pour les familles. Au CNRAO, des facilités de paiement sont proposées aux patients en difficulté. Depuis 2019, un partenariat avec Roche permet également la gratuité de certains médicaments anticancéreux concernés. Une convention similaire vient d’être conclue avec AstraZeneca, selon la directrice générale.

La prise en charge s’étend par ailleurs aux dimensions psychologique, nutritionnelle et sociale.

Groupes de parole, accompagnement nutritionnel, activité physique adaptée et soins de socio-esthétique complètent ainsi le dispositif médical.

Les résultats présentés par la responsable du centre soulignent l’intérêt du diagnostic précoce. Selon les évaluations qu’elle rapporte, la survie à cinq ans atteint 85 % chez les patientes prises en charge précocement au CNRAO, contre 63 % dans l’ensemble des patientes évaluées.

Pour les femmes, ses recommandations sont claires : observation régulière des seins, examen clinique annuel à partir de 20 ans et mammographie tous les deux ans dès 45 ans, selon les recommandations du centre.

Au-delà d’Octobre Rose, la prévention doit devenir un réflexe de santé. Car face au cancer du sein, consulter tôt peut changer radicalement le pronostic.

ALEX KIPRE

POUVOIRS MAGAZINE

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