À Abidjan, le cancérologue Adoubi Innocent a appelé les populations à privilégier prévention, dépistage et prise en charge précoce.
Le cancer gagne du terrain en Côte d’Ivoire, avec plus de vingt mille nouveaux cas recensés durant l’année 2024.
Cette progression préoccupante était au centre des échanges organisés vendredi dernier à Abidjan, à l’occasion du lancement d’Octobre Rose.
La conférence inaugurale réunissait notamment les clubs Rotary Abidjan Cocody, Adjamé et Élite autour des enjeux sanitaires actuels majeurs.
Face aux participants, le professeur Adoubi Innocent a insisté sur une réalité souvent négligée concernant les conséquences humaines liées au cancer.
Selon le cancérologue, la maladie bouleverse non seulement la santé physique, mais également l’équilibre psychologique, familial, conjugal et social.
Cette situation exige donc une prise en charge dépassant les seuls traitements médicaux proposés aux personnes atteintes de cancers.
Le spécialiste a particulièrement insisté sur les bénéfices considérables associés à une détection suffisamment précoce des différentes formes cancéreuses.
Lorsqu’une tumeur est identifiée rapidement, les possibilités thérapeutiques augmentent, tandis que les risques de complications diminuent considérablement.
En revanche, les diagnostics tardifs réduisent les options disponibles et exposent davantage les patients aux complications sévères et métastases.
Le cancer de la prostate constitue notamment une source d’inquiétude, plusieurs patients arrivant encore tardivement dans les établissements sanitaires spécialisés.
Chez les femmes, les cancers du sein et du col utérin demeurent également au cœur des préoccupations sanitaires nationales.
Pour le cancer du col utérin, la vaccination contre le papillomavirus représente toutefois une avancée majeure dans la prévention.
Le dépistage régulier permet également d’identifier les lésions précancéreuses avant leur transformation éventuelle en maladie cancéreuse invasive.
Adoubi Innocent encourage ainsi davantage de femmes à effectuer régulièrement les examens recommandés, malgré les obstacles persistants concernant leur accessibilité.
Les campagnes de sensibilisation doivent également combattre les fausses croyances qui retardent encore trop souvent les consultations médicales préventives.
Le spécialiste invite également les populations à réduire certains facteurs de risque liés aux comportements et habitudes quotidiennes.
Tabac, alcool, surpoids et sédentarité peuvent notamment favoriser certaines pathologies cancéreuses, même si plusieurs facteurs restent difficilement évitables.
L’âge demeure notamment un facteur déterminant, puisque les mécanismes cellulaires deviennent progressivement moins efficaces avec le vieillissement naturel.
Au-delà du dépistage, le financement des soins reste cependant une préoccupation majeure pour les familles confrontées aux dépenses médicales.
Examens, traitements et interventions peuvent représenter des charges importantes, justifiant selon lui la poursuite des efforts publics engagés actuellement.
Le professeur appelle donc à une mobilisation collective associant pouvoirs publics, professionnels, organisations communautaires, familles et populations concernées directement.
Pour lui, Octobre Rose doit surtout favoriser l’adoption durable de comportements préventifs au-delà des campagnes ponctuelles de sensibilisation.
La lutte contre le cancer nécessite ainsi une vigilance permanente, fondée sur l’information, la prévention et l’accès rapide aux soins.
En Côte d’Ivoire, cette approche pourrait contribuer progressivement à améliorer les chances de survie et la qualité de vie.
Le message porté par Adoubi Innocent s’inscrit ainsi dans une volonté d’installer durablement le dépistage dans les habitudes sanitaires.
Octobre Rose devient alors davantage qu’une campagne annuelle, puisqu’il rappelle l’importance d’agir avant l’apparition des complications graves.
FATEM CAMARA
POUVOIRS MAGAZINE

