À 25 ans, il a quitté les bancs du lycée pour tenter sa chance dans le football, avant de se tourner vers la réparation de téléphones, puis la conduite.
Aujourd’hui chauffeur de Yango, il se bat au quotidien pour subvenir à ses besoins et construire son avenir.
À 25 ans, Koutouan Kimoh Martial connaît déjà plusieurs vies professionnelles. Élève en classe de seconde, il abandonne les études avec l’ambition de devenir footballeur. Mais dans un environnement où la pratique du football nécessite également des moyens financiers, les difficultés familiales finissent par contrarier ses projets.
« Je me suis arrêté en seconde parce que je voulais jouer au football », raconte-t-il. Son père, alors en activité à Médecins du Monde, et sa mère, commerçante dans le secteur de l’alimentation, ne peuvent plus accompagner son projet comme auparavant. Le rêve sportif est alors mis entre parenthèses.
Martial se tourne ensuite vers la réparation et la vente de téléphones d’occasion. C’est grâce à cette activité qu’il parvient notamment à réunir les moyens nécessaires pour passer son permis de conduire. Une étape décisive dans son parcours.
Quelques mois plus tard, un ami chauffeur de Yango lui propose de découvrir le métier. Martial apprend progressivement à maîtriser le volant. Pendant près de trois semaines, il s’exerce régulièrement avec son ami avant de prendre véritablement la route.
Depuis environ six mois, il sillonne ainsi les rues d’Abidjan au volant d’un véhicule Yango.
« Ce n’est pas vraiment un choix.
Ce sont les circonstances de la vie et la situation de la famille qui m’ont poussé à me mettre dans la circulation pour pouvoir subvenir à certains besoins », explique-t-il avec franchise.
Installé désormais seul dans une chambre-salon aux Deux-Plateaux, qu’il loue à 80 000 francs CFA, le jeune homme assume progressivement ses responsabilités. Son père ayant été affecté à San Pedro, Martial est resté à Abidjan et continue d’assumer seul les charges liées à son logement.
Les journées ne sont pas toujours faciles. Selon les périodes, ses revenus peuvent varier sensiblement. Certaines journées lui permettent de réaliser une recette plus importante, tandis que d’autres sont beaucoup plus difficiles. Malgré ces fluctuations, il continue de travailler et tente de gérer au mieux ses ressources.
Loin de considérer la conduite comme une destination définitive, Koutouan Kimoh Martial y voit surtout une étape de son parcours. À côté du volant, il garde en lui d’autres ambitions, notamment celles liées à son ancienne passion pour le football et à son expérience dans la téléphonie.
Son histoire est celle d’un jeune Ivoirien qui, confronté aux aléas de la vie, apprend à transformer chaque difficulté en nouvelle expérience. Entre rêves interrompus, petits métiers et kilomètres parcourus dans les rues d’Abidjan, Martial poursuit son chemin avec une conviction : avancer, malgré tout.
CoolBee Ouattara
POUVOIRS MAGAZINE

