Koffi, à vélo en guise Yango, il trace son chemin

10 mois

À Koumassi, sous le soleil souvent brûlant d’Abidjan, un jeune homme fend les rues avec énergie. Il s’appelle Koffi, il a 19 ans, et depuis deux ans, il a fait d’un simple vélo son allié du quotidien.

Chaque jour, il effectue une vingtaine de livraisons, sillonnant les quartiers avec détermination. Son outil de travail ? Un vélo robuste, sans essence, sans frais, sans contraintes mécaniques. « Tout est bénéfice si on veut voir, parce que le vélo ne m’a rien coûté », dit-il, avec une sincérité désarmante.

Koffi gagne entre 6 000 et 8 000 francs CFA par jour. Ce n’est peut-être pas l’abondance, mais c’est le fruit honnête de son labeur.

Et cela suffit à son équilibre pour le moment.

« Je me débrouille avec ça en attendant d’avoir mieux », glisse-t-il, les yeux pleins d’espoir mais les pieds bien ancrés dans la réalité.

Son engagement est clair : travailler plutôt que céder aux facilités de la délinquance. « Moi, je n’ai pas envie de voler« , affirme-t-il, sans détour. Il croit profondément que « il n’y a vraiment pas de sot métier », et sa vie le prouve.

Koffi n’a peut-être pas encore décroché « le grand rêve », mais il construit quelque chose de plus précieux : une vie digne, bâtie sur le courage, l’honnêteté et la volonté de faire les choses à sa manière.

Dans un monde souvent dur pour les jeunes, son vélo est devenu symbole de liberté et de résilience. Et sur cette selle, entre deux courses, il transporte bien plus que des colis : il porte l’exemple discret mais puissant d’une jeunesse qui avance, debout, contre vents et marées.

MARIE GNIALET

photo: POUVOIRS MAGAZINE

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