De l’ASEC Mimosas au Slovan Bratislava, Yaya Touré a souvent rencontré le doute, mais toujours répondu par le travail, jamais par le bruit.
Yaya Touré est façonnée par les obstacles.
Bien avant Manchester City, Barcelone ou la Ligue des champions, son talent avait pourtant été sérieusement mis en doute.
À l’ASEC Mimosas, le jeune Yaya aurait été jugé trop frêle pour s’imposer, avant d’être éloigné du groupe.
Mis sur le banc, puis relégué loin dans les vestiaires, il aurait reçu une réponse particulièrement brutale du football ivoirien.
Son physique était alors présenté comme une faiblesse, presque comme une raison suffisante pour condamner ses ambitions.
Yaya Touré n’a pas répondu par une polémique, mais par une trajectoire qui allait démentir ces jugements.
L’AS Monaco lui ouvre ensuite les portes du football européen, première étape d’une ascension devenue progressivement exceptionnelle.
Barcelone, Manchester City, les titres anglais et la Ligue des champions consacrent ensuite un talent longtemps sous-estimé.
Mais même après avoir atteint les sommets, Yaya Touré choisit encore le chemin le plus exigeant.
À sa retraite, en 2019, il ne se présente pas immédiatement comme entraîneur grâce à son prestigieux passé.
Il accepte de redevenir apprenti, multipliant les expériences comme adjoint et poursuivant parallèlement sa formation technique.
Ukraine, Russie, Belgique, Angleterre et Arabie saoudite deviennent ainsi autant de laboratoires pour construire son identité d’entraîneur.
Cette patience explique largement la maîtrise avec laquelle il aborde aujourd’hui sa première expérience comme entraîneur principal.
Au Slovan Bratislava, ses résultats apportent désormais une réponse supplémentaire à ceux qui doutaient encore.
Dix rencontres officielles sans défaite, un football ambitieux et une qualification historique pour la Ligue des champions.
Yaya Touré devient ainsi le premier entraîneur africain à atteindre la phase de ligue de cette compétition européenne.
Les éventuelles tentatives de le salir ou de réduire son mérite trouvent, elles aussi, une réponse particulièrement simple.
À ceux qui parlent, il oppose le travail ; à ceux qui jugent, il oppose la progression ; aux sceptiques, les résultats.
L’épisode évoqué autour d’Anicette Konan s’inscrit finalement dans cette longue histoire des regards auxquels Yaya répond autrement.
Son parcours rappelle surtout qu’un jugement n’est jamais une destinée, et qu’une faiblesse supposée peut devenir une force.
À l’ASEC, il était trop frêle ; à Monaco, il était devenu footballeur professionnel ; ailleurs, il devint champion.
Aujourd’hui, au Slovan, il écrit un nouveau chapitre, celui d’un technicien dont l’histoire reste encore largement à construire.
Yaya Touré n’a finalement jamais eu besoin de convaincre tout le monde : il lui a toujours suffi de travailler.
DESIRE THEA
photo:dr
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