En faisant de la santé maternelle et infantile une priorité durable, le Cap-Vert montre qu’un système organisé peut transformer profondément les indicateurs sanitaires.
Le Cap-Vert offre une expérience sanitaire qui mérite attention, particulièrement dans le domaine de la santé maternelle et infantile.
Depuis son indépendance en 1975, l’archipel a progressivement construit un dispositif reposant sur prévention, proximité et accompagnement médical.
Cette stratégie a permis d’améliorer considérablement le suivi des grossesses et la prise en charge des nouveau-nés.
Consultations prénatales, vaccination, contraception, échographies et soins postnataux constituent désormais des composantes essentielles du parcours médical.
Les résultats obtenus illustrent l’efficacité d’une politique publique inscrite dans la durée et soutenue par plusieurs acteurs.
En 2024, le Cap-Vert enregistrait ainsi une mortalité infantile parmi les plus faibles observées sur le continent africain.
Derrière ces statistiques se trouve surtout une organisation permettant aux femmes enceintes d’accéder régulièrement aux professionnels de santé.
Cette expérience rappelle qu’un plateau technique performant doit nécessairement s’accompagner d’une véritable politique d’accès aux soins.
À cet égard, le modèle cap-verdien peut inspirer certaines réflexions ivoiriennes autour de la santé mère-enfant.
En Côte d’Ivoire, l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, cher à Mme Dominique Ouattara, représente une référence importante.
L’établissement illustre notamment la volonté de renforcer les capacités médicales dédiées aux femmes et aux enfants.
Son plateau technique, ses équipements spécialisés et ses différentes unités participent à cette ambition sanitaire nationale.
Comme au Cap-Vert, l’enjeu dépasse donc la seule construction d’infrastructures médicales modernes et performantes.
Il concerne également la prévention, le dépistage précoce, le suivi régulier et l’accompagnement des familles.
L’expérience cap-verdienne rappelle ainsi qu’un hôpital performant prend toute sa valeur dans un écosystème sanitaire cohérent.
La proximité des soins, la formation des personnels et l’éducation sanitaire constituent également des leviers déterminants.
L’enjeu ivoirien consiste désormais à multiplier ces passerelles entre infrastructures spécialisées, structures périphériques et communautés locales.
La santé maternelle ne peut être pensée uniquement au moment de l’accouchement ou face aux complications médicales.
Elle commence bien avant, avec l’information, la contraception, le suivi prénatal et l’identification précoce des risques.
Le Cap-Vert démontre finalement qu’une politique sanitaire cohérente peut produire des résultats spectaculaires sur plusieurs générations.
L’expérience mérite donc d’être observée attentivement, notamment pour renforcer les acquis ivoiriens en matière de santé.
Entre Praia et Bingerville, une même conviction apparaît : protéger la mère, c’est aussi protéger l’avenir.
Et cet avenir se construit par la prévention, l’expertise médicale, l’accessibilité et des investissements sanitaires continus.
FATEM CAMARA
POUVOIRS MAGAZINE

