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Une tentative de putsch a visé le pouvoir militaire nigérien dans la nuit de vendredi à samedi, plongeant Niamey dans une situation incertaine.

Le pouvoir du général Abdourahamane Tiani a vacillé durant plusieurs heures dans la nuit de vendredi à samedi.

Des militaires ont tenté de renverser le chef de la junte, lui-même arrivé au pouvoir après un coup d’État militaire.

Les premiers affrontements auraient commencé aux alentours d’une heure du matin dans plusieurs secteurs stratégiques de Niamey.

Des tirs nourris ont notamment été entendus près du palais présidentiel, visé par des armes lourdes.

Une autre cible majeure se trouvait dans l’enceinte de l’aéroport international Diori Hamani.

Les mutins ont attaqué la base aérienne 101, cherchant ainsi à prendre le contrôle d’une position militaire stratégique.

Des échanges de tirs auraient également été signalés autour du camp Bassora, situé près des installations aéroportuaires.

Les insurgés ont parallèlement tenté de s’emparer de la télévision publique, considérée comme essentielle pour contrôler l’information.

Cette tentative n’a toutefois pas abouti, même si le signal de la télévision nationale a été interrompu plusieurs heures.

La diffusion a finalement repris dans la matinée, permettant aux autorités de transmettre un message officiel.

Le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, est alors intervenu pour communiquer sur la situation.

Malgré cette reprise des activités médiatiques, les autorités sont restées confrontées à une situation particulièrement confuse.

Pendant plusieurs heures, aucune information suffisamment précise ne permettait de déterminer l’issue des affrontements.

Cette incertitude est d’autant plus significative que le général Tiani connaît personnellement la brutalité des prises de pouvoir militaires.

Il avait lui-même renversé le président Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023 avant d’installer son régime militaire.

Deux ans plus tard, son propre pouvoir se retrouve confronté à une tentative de renversement venue des forces armées.

Le profil des mutins ajoute une dimension particulière à cette crise, puisqu’ils seraient notamment issus des forces spéciales.

Certains seraient basés à Ouallam, localité située à une centaine de kilomètres au nord de Niamey.

La tentative semble donc avoir ciblé plusieurs points névralgiques afin de fragiliser rapidement l’appareil dirigeant.

Le palais présidentiel, l’aéroport et la télévision publique représentent en effet des infrastructures essentielles pour contrôler une capitale.

La réussite ou l’échec d’un putsch dépend souvent de la capacité des insurgés à neutraliser rapidement ces centres.

À Niamey, cette stratégie n’a visiblement pas permis aux mutins d’obtenir immédiatement le contrôle des institutions.

Mais l’épisode révèle surtout les fragilités auxquelles reste exposé le régime militaire nigérien.

Alors que la situation demeurait incertaine samedi, les prochaines heures devaient permettre de mesurer l’ampleur véritable de cette crise.

Pour le général Tiani, cette tentative constitue déjà un sérieux avertissement concernant la solidité de son pouvoir.

Un pouvoir conquis par les armes vient ainsi de découvrir qu’il peut également être contesté par les armes.

ETHAN GNOGBO

POUVOIRS MAGAZINE