8 aout: OUASSÉNAN KONÉ, 3 ANS APRÈS, LE DRAPEAU RESTE LEVÉ

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Trois ans après sa disparition, la Côte d’Ivoire se souvient du général Gaston Ouassénan Koné, soldat, homme politique, écrivain et témoin privilégié de son histoire.

Trois ans après sa disparition, le souvenir du général Gaston Ouassénan Koné demeure profondément inscrit dans la mémoire ivoirienne.

Une messe de suffrage sera célébrée dimanche 9 août 2026 à 10 heures, à la paroisse Saint-Jean de Cocody.

Cette célébration religieuse marquera les trois années écoulées depuis la disparition de cette grande figure nationale ivoirienne.

Gaston Ouassénan Koné s’est éteint le 8 août 2023 à Abidjan, dans sa quatre-vingt-quatrième année.

Mais certains hommes disparaissent sans véritablement quitter la mémoire collective de leur pays.

Ouassénan Koné appartient incontestablement à cette catégorie rare des hommes dont le parcours raconte une époque.

Son histoire personnelle s’est confondue avec plusieurs grandes étapes de la construction nationale ivoirienne.

Le 7 août 1960, alors jeune officier, il accomplit un geste devenu historique pour toute une génération.

Il descend le drapeau français avant de hisser celui de la Côte d’Ivoire indépendante.

Des décennies plus tard, il expliquera pourtant ce moment avec une étonnante simplicité dans une interview accordée à Fraternité Matin.

« J’étais le plus jeune officier ivoirien », expliquait-il, rappelant que cette tâche relevait alors simplement des usages militaires.

Une corvée, donc, devenue symbole national.

Le jeune officier ne pouvait évidemment pas mesurer ce matin-là la puissance historique de son geste.

Le drapeau qu’il hissa allait devenir celui d’un pays appelé à traverser de nombreuses épreuves.

Ouassénan Koné allait, lui aussi, traverser ces différentes périodes avec leurs grandeurs et leurs contradictions.

Né le 24 avril 1939 à Katiola, il grandit dans une famille nombreuse du centre-nord ivoirien.

Son parcours scolaire le conduisit ensuite vers Bouaké avant son entrée dans une carrière militaire particulièrement brillante.

Il poursuivit sa formation à Cherchell, puis se spécialisa notamment dans plusieurs domaines militaires en France.

Il gravit progressivement les échelons jusqu’aux grades de général de brigade puis de général de division.

Il occupa également les fonctions de commandant supérieur de la gendarmerie nationale ivoirienne.

Sa carrière militaire fut ensuite prolongée par une importante carrière administrative, diplomatique et politique.

Sous Félix Houphouët-Boigny, il exerça notamment plusieurs responsabilités ministérielles liées à la sécurité nationale.

Il fut également ambassadeur dans plusieurs pays avant de s’engager plus directement dans la compétition politique.

Au PDCI-RDA, il devint l’un des responsables importants de la formation politique fondée par Houphouët-Boigny.

Il fut notamment député, président du groupe parlementaire du parti et vice-président du PDCI-RDA.

Mais réduire Ouassénan Koné à son uniforme ou à ses responsabilités politiques serait profondément réducteur.

L’homme possédait également une autre passion, celle de l’écriture et de la création littéraire.

Il fut romancier et publia notamment plusieurs ouvrages au cours de sa vie littéraire.

Cette dimension culturelle révélait une personnalité beaucoup plus complexe que l’image traditionnelle du militaire.

Il fut également l’un des pionniers du taekwondo ivoirien, discipline dont il contribua fortement à structurer l’organisation.

Il était notamment ceinture noire septième dan et fondateur de la Fédération ivoirienne de taekwondo.

Militaire, homme politique, diplomate, écrivain et sportif, il aura donc traversé plusieurs univers.

Cette multiplicité explique peut-être pourquoi son héritage demeure difficile à enfermer dans une seule définition.

Il fut surtout un témoin direct des premières décennies de la Côte d’Ivoire indépendante.

Son parcours épouse ainsi une partie de l’histoire politique, militaire et institutionnelle du pays.

Dans sa dernière grande interview publiée après son décès, il livra également des réflexions particulièrement préoccupantes.

L’ancien militaire y exprimait ses inquiétudes devant les tensions susceptibles de fragiliser encore la société ivoirienne.

Son message demeurait profondément marqué par la nécessité de préserver la paix nationale.

« Tant que les ambitions dépasseront l’humanisme, la guerre sera toujours inévitable », avait-il notamment averti.

Cette phrase résonne aujourd’hui comme une dernière leçon adressée aux générations politiques ivoiriennes.

Trois ans après sa disparition, son parcours continue donc de susciter souvenirs, interrogations et parfois débats.

La messe de Saint-Jean de Cocody ne sera pas seulement une cérémonie religieuse supplémentaire.

Elle constituera également un moment de mémoire autour d’un homme qui aura profondément marqué son époque.

À Katiola, sa terre natale, comme à Abidjan, son nom demeure associé à plusieurs pages importantes.

Le soldat du 7 août 1960 est devenu avec le temps une figure de l’histoire nationale.

Celui qui avait simplement exécuté une « corvée » militaire aura finalement accompli un geste devenu immortel.

Trois ans après sa mort, le symbole demeure particulièrement puissant pour mesurer son parcours exceptionnel.

Le drapeau qu’il avait hissé continue de flotter au-dessus d’une Côte d’Ivoire profondément transformée.

Et peut-être est-ce là l’un des meilleurs hommages que l’histoire puisse rendre au général Ouassénan Koné.

Un homme disparaît, mais certains gestes continuent longtemps de vivre dans la mémoire nationale.

FATEM CAMARA

POUVOIRS MAGAZINE

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