Samedi 8 août, à 11 heures, la paroisse Saint-Jacques de Cocody accueillera une messe d’action de grâce pour célébrer les 80 ans de Julienne Tanoh.
Une femme dont la trajectoire personnelle épouse l’histoire d’un grand serviteur de l’État ivoirien.
Julienne et Jules : deux prénoms nés d’une même racine latine, deux trajectoires réunies par une même histoire. Elle, la lumière discrète d’Aboisso ; lui, le serviteur de l’État venu de Grabo.
Deux prénoms presque jumeaux, deux destins intimement liés, deux vies qui se sont rencontrées pour écrire une page singulière de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire.
Elle vient d’Aboisso, terre du Sud-Comoé, région connue pour l’élégance de ses traditions, la richesse de ses cultures, le sens profond de la famille. De même que l’attachement aux valeurs de transmission. Lui vient de Grabo, cité du Sud-Ouest ivoirien, terre de caractère, de courage et d’hommes attachés à leur identité, à leur communauté et au service du bien commun.
De cette rencontre entre Aboisso et Grabo est née une alliance qui dépasse une simple histoire conjugale. Elle fut une alliance humaine, culturelle et spirituelle. Une rencontre entre deux sensibilités, deux héritages, deux territoires qui se sont retrouvés dans une même vision de la vie. Celle du devoir, de la foi et du service.
Car derrière le parcours exceptionnel de Son Excellence Monsieur Jules Hié-Néa, il y eut une présence constante, une force silencieuse :
Julienne.
L’histoire retiendra que Jules Hié-Néa fut le premier secrétaire d’État chargé des Affaires culturelles de Côte d’Ivoire. Celui qui posa les premières fondations institutionnelles de la politique culturelle nationale. Avant d’accomplir une longue carrière diplomatique comme ambassadeur de Côte d’Ivoire au Sénégal, en Gambie, en Mauritanie et au Cap-Vert. Il fut également le premier maire de Grabo.
Mais les grandes fonctions publiques racontent rarement l’autre moitié du récit. Elles disent les responsabilités visibles. Elles évoquent moins les fidélités invisibles.
Julienne Tanoh appartient à cette génération de femmes dont la mission fut d’accompagner sans s’imposer, de soutenir sans revendiquer, d’éclairer sans rechercher la lumière. Elle fut cette présence précieuse qui donne confiance dans les moments difficiles, qui protège l’équilibre familial lorsque l’homme est absorbé par les charges publiques, qui rappelle les valeurs essentielles lorsque le monde extérieur impose ses exigences.
Femme cultivée, entrepreneure, croyante fervente, épouse fidèle, mère de cinq enfants et grand-mère attentive, elle a construit son existence autour d’une conviction profonde. La grandeur d’une vie ne se mesure pas seulement aux titres obtenus, mais aux vies transformées.
Sa foi chrétienne a été le fil conducteur de son parcours.
La messe, la prière quotidienne et la charité n’ont jamais été pour elle de simples habitudes, mais une véritable discipline intérieure. Dans la discrétion, elle a fait de la foi une manière d’habiter le monde et de servir les autres.
À travers cette célébration organisée à Cocody, c’est donc bien plus qu’un anniversaire qui sera honoré. C’est une mémoire, une fidélité et une œuvre humaine qui seront célébrées.
Après la messe, un moment de partage réunira famille, amis et proches à son domicile. Un temps de fraternité autour d’une femme qui a traversé les décennies avec grâce et constance.
À 80 ans, Julienne Tanoh demeure l’image de ces femmes rares qui ne cherchent pas à occuper le devant de la scène. Mais dont la présence change profondément le cours des choses.
Julienne d’Aboisso aux côtés de Jules de Grabo : deux noms, deux terres, un même destin. Celui d’une femme qui a choisi d’être une lumière sans jamais réclamer les projecteurs.
AK
POUVOIRS MAGAZINE

