Le Festival des musiques du monde de Bonifacio ne pouvait rêver plus belle ouverture. Le jeudi 1er octobre, dans la majesté de l’église Saint-Dominique, la flûtiste, chanteuse et compositrice franco-syrienne Naïssam Jalal invitera le public à une expérience.
La musique y dépasse le concert pour devenir un voyage intérieur.
Depuis plusieurs années, cette flûtiste d’exception s’impose comme l’une des personnalités les plus libres, les plus engagées. Et les plus singulières du jazz contemporain. Saluée par la critique, régulièrement distinguée parmi les meilleures flûtistes de l’année. Aussi bien par Jazz Magazine et Jazz News. Elle est lauréate des Victoires du Jazz en 2019 pour son album Quest of the Invisible, elle a également été nommée Chevalière des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture. Une reconnaissance qui récompense une œuvre inclassable, guidée par une insatiable quête de liberté.
Chez Naïssam Jalal, la musique ne connaît aucune frontière. Le jazz modal dialogue naturellement avec la musique classique arabe, les harmonies occidentales rencontrent les traditions orientales. Tandis que la flûte traversière converse avec le nay, cette flûte ancestrale dont le souffle accompagne depuis des siècles les musiques du Proche-Orient. Chaque composition devient un territoire où les cultures ne s’opposent jamais : elles s’enrichissent.
Son œuvre est traversée par une recherche presque philosophique.
L’identité, l’exil, l’invisible, la nature ou encore le pouvoir réparateur de la musique irriguent des créations d’une profonde intensité. Avec ses Rituels de guérison imaginaires, l’artiste explore une conviction simple: certaines mélodies savent toucher ce que les mots ne parviennent pas toujours à dire.
Cette vision résonne parfaitement avec l’esprit du Festival des musiques du monde de Bonifacio. Ici aussi, il est question de rencontres, de métissages et de dialogue entre les peuples. Ouvrir cette première édition avec Naïssam Jalal relève donc de l’évidence.
Le jeudi 1er octobre, le festival ne débutera pas seulement par un concert. Il s’ouvrira avec une artiste qui fait de la liberté une matière musicale et de chaque souffle une invitation à regarder le monde autrement.
ALEX KIPRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

