Le 19 juillet, Richard Mobio aurait soufflé sa 59ᵉ bougie. Fils de Victor Becket Mobio, figure fondatrice du secteur des assurances en Côte d’Ivoire.
Il était le frère de la journaliste Dominique Mobio Ezoua, il appartenait à cette lignée où l’excellence se vivait sans éclat tapageur.
Richard Mobio est décédé le 11 avril 2021 à Cocody. Cinq années après son départ, demeure le souvenir d’un homme d’une élégance naturelle, d’une rare bienveillance et d’un goût assumé pour le beau.
Il était de ces hommes dont la présence précédait les mots.
On reconnaissait Richard Mobio à sa démarche, ample et assurée, presque chorégraphiée. Elle révélait un homme parfaitement réconcilié avec lui-même, conscient de sa personnalité, amoureux de son image sans jamais sombrer dans la vanité.
Son élégance n’était ni une démonstration ni un artifice. Elle était une manière d’être.
Chaque tenue était choisie avec une exigence discrète. Les coupes, les matières, les couleurs racontaient un homme esthète, convaincu que le vêtement est une forme silencieuse de langage.
Richard entretenait également une véritable passion pour les senteurs. Les grands parfums faisaient partie de son univers, comme une signature invisible qui prolongeait sa présence longtemps après son passage.
Il aimait le soir. La belle musique qui sait raconter les époques.
La nuit semblait lui adresser des signes que lui seul savait comprendre. Entre eux existait une complicité presque secrète. Les lumières tamisées, les conversations paisibles et l’atmosphère nocturne correspondaient à son tempérament contemplatif.
Mais derrière ce goût du raffinement vivait surtout un homme profondément bon.
Richard était d’une gentillesse désarmante. Accessible, respectueux des aînés, toujours attentif aux autres, il cultivait cette simplicité qui distingue souvent les personnalités les plus authentiques.
Il avait grandi au Texas, dans la Cité des Cadres, entre l’École de police et l’École de gendarmerie. Ce quartier, où les familles partageaient encore les mêmes valeurs de solidarité et de respect, participa à façonner son caractère et son humanité.
Richard appartenait à une famille qui a marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Son père, Victor Becket Mobio, demeure l’un des grands bâtisseurs du secteur des assurances ivoiriennes. Directeur des Assurances de 1970 à 1981, il posa les fondements de l’organisation moderne du marché national et contribua à son rayonnement en Afrique. Son nom est aujourd’hui immortalisé par le Centre de Formation Victor Becket Mobio. Centre qu’a créé l’Association des Sociétés d’Assurances de Côte d’Ivoire.
Sa sœur, Dominique Mobio Ezoua, a, quant à elle, laissé son empreinte dans le paysage médiatique ivoirien. Lauréate du prestigieux Prix Ebony, ancienne dirigeante de Fraternité Matin, elle a poursuivi son engagement à travers le magazine panafricain Divine Afrique, consacré aux femmes leaders du continent.
Et continue à proposer des portraits de personnalités.
Richard, lui, préférait la qualité des relations humaines aux honneurs, le respect à la démonstration, l’élégance à l’ostentation.
Parti le 11 avril 2021, à Cocody, laissant derrière lui une famille meurtrie. Des amis inconsolables, ses frères du Texas et le souvenir lumineux d’un homme dont la distinction n’avait d’égale que la bonté.
Aujourd’hui, alors qu’il aurait célébré ses 59 ans, son souvenir demeure intact.
Richard, Régis, son cadet et David son aîné. Trois frères désormais réunis dans cette part invisible de la mémoire familiale où les absents continuent de veiller par la force des souvenirs.
Le temps emporte les hommes, mais il échoue toujours devant les êtres qui ont semé la bienveillance, le respect et l’amour.
Richard Mobio appartient désormais à cette catégorie rare des élégants dont l’absence n’efface jamais la présence.
AK
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

