En annonçant la dissolution de l’ancienne Commission électorale indépendante, le gouvernement ouvre un nouveau chantier politique majeur.
La réforme électorale entre dans une phase décisive en Côte d’Ivoire avec l’annonce d’un nouveau dispositif institutionnel ambitieux.
Face aux responsables politiques et aux organisations citoyennes, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté la vision gouvernementale.
Le message central demeure simple : les élections doivent devenir des rendez-vous démocratiques apaisés, crédibles et largement acceptés.
Pour l’exécutif, les blessures laissées par plusieurs crises électorales imposent désormais des réponses institutionnelles fortes et durables.
Les autorités estiment que la confiance populaire constitue aujourd’hui le principal défi du système électoral ivoirien contemporain.
C’est dans cette logique que l’ancienne Commission électorale indépendante a été dissoute après l’expiration officielle de son mandat.
Le gouvernement souhaite désormais rompre avec les mécanismes ayant régulièrement alimenté les controverses lors des consultations électorales.
La future architecture reposera sur une séparation claire des responsabilités entre plusieurs organes spécialisés et complémentaires.
Une première structure prendra en charge l’organisation pratique et logistique de l’ensemble des opérations électorales nationales.
Une deuxième institution sera chargée du traitement, de la centralisation et de la consolidation des résultats électoraux.
Un troisième organe exercera des missions permanentes de supervision, d’évaluation et de contrôle du processus électoral.
Selon le gouvernement, cette répartition permettra de limiter les suspicions et de renforcer davantage la transparence générale.
La réforme prévoit également une place importante pour les innovations technologiques et les outils modernes de sécurisation.
Les solutions numériques envisagées devront cependant répondre à des exigences strictes d’audit, de fiabilité et d’impartialité.
L’exécutif entend aussi mieux intégrer les préoccupations des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables.
Les populations rurales ainsi que les Ivoiriens vivant hors du pays seront davantage associés au processus.
Parallèlement, un vaste programme d’éducation civique accompagnera la réforme afin de renforcer la culture démocratique nationale.
Le Premier ministre a invité l’ensemble des acteurs politiques à privilégier le dialogue et les mécanismes légaux.
Les organisations citoyennes et les médias sont également appelés à soutenir cette dynamique de responsabilité collective.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse désormais l’organisation des scrutins et concerne directement la stabilité nationale.
L’ambition affichée consiste à faire des élections des moments de confiance plutôt que des périodes d’inquiétude.
Cette réforme marque ainsi l’ouverture d’une nouvelle séquence politique dont dépendra une partie de l’avenir démocratique ivoirien.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
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