Comme un coup de massue étonnamment singulier pour un ecclésiastique, le ton de la première encyclique Magnificat Humanitas du pape Léon XIV est tranchant.
Sans ambiguïté, le souverain pontife, qui vient de conclure à pas de charge une visite mondiale. Incluant l’Afrique, prend une position nette sur l’état de notre temps. Pour seule douceur, il ouvre son propos en réaffirmant que la participation de chacun à la construction de l’édifice mondial doit se faire dans le « bien ». Et qu’en tout état de cause, face aux enjeux créés par ce monde en ébullition, il est urgent de rester « humain ».
Sans ambages, il fustige la « banalisation de la guerre ». Certainement en réponse au conflit ouvert par Donald Trump, président des États-Unis, et Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien. Cela contre l’Iran depuis février dernier. Sous des prétextes encore confus et contradictoires. Cette guerre a toutefois produit, dès son ouverture et avec une banalité insupportable, le massacre des écolières de Minab. Petite bourgade du sud de l’Iran, qui a reçu, le 28 février, une bombe américaine sur le toit d’une école primaire. Bilan : 150 écolières mortes. Des centaines d’autres blessées et traumatisées à jamais, pour une guerre dont elles ne savent rien.
Banalisation aussi de la violence à 1 883 km du Vatican, soit à deux heures trente de vol.
À Dublin, capitale de l’Irlande, en Europe — continent proclamé des droits de l’homme — on a étouffé un ressortissant congolais? C’était le 16 mai dernier, le visage contre l’asphalte, par cinq hommes blancs chargés de la sécurité privée d’un magasin. Sa faute ? Un vol présumé de parfum. En écrivant cette partie de son propos, le souverain pontife pensait certainement à ce « juste du parfum », en référence à Marie, sœur de Lazare, oignant les pieds de Jésus le Nazaréen d’un parfum de grande valeur. Et sur ce meurtre « banal » à ciel ouvert, les militants européens des droits de l’homme, d’habitude si sensibles à la moindre répression d’une marche pour les droits civiques, ont subitement perdu la voix.
Yves Sakila, 35 ans, n’aura hélas pas bénéficié de la grâce accordée à Marie.
Il poursuit ses avertissements dans ce document précis et exhaustif. Le Saint-Père indique que si l’intelligence artificielle peut être une aide précieuse, elle ne doit ni éroder la dignité humaine. Ni effacer le travail de l’homme — lequel revêt un caractère sacré —. Ni servir des objectifs de guerre. Donc IA, oui, mais avec un discernement moral et social préservant le primat de l’homme sur la machine.
Enfin, tout en finesse, l’homme en blanc réaffirme la valeur essentielle de la famille fondée sur l’union de l’homme et de la femme. Et pour ce faire, rien de plus augustinien qu’un bon Magnificat. Un hommage à la Vierge Marie.
Tama César
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

