Sous le regard bienveillant de la Fondation Amadou Hampâté Bâ dirigée par Madame Roukiatou Hampâté Bâ, la conférence inaugurale de la 10ᵉ édition du Festival international du Kroubi a donné le ton d’une semaine culturelle majeure consacrée au patrimoine immatériel africain et à la transmission des traditions vivantes.
Il est désormais reconnu comme un haut lieu de pensée, de mémoire et de transmission culturelle. L’antre d’Amadou Hampâté Bâ, entretenu avec fidélité et élégance par sa fille, Madame Roukiatou Hampâté Bâ, Directrice de la Fondation éponyme, confirme une fois encore sa vocation. Accueillir les grands rendez-vous de l’intelligence culturelle africaine.

Ce mardi 19 mai, la Fondation a servi d’écrin à la leçon inaugurale de la 10ᵉ édition du Festival international du Kroubi. Une célébration devenue incontournable du patrimoine immatériel africain. Placée sous le thème évocateur : « Le Kroubi, une tradition panafricaine », cette rencontre intellectuelle et culturelle ouvre une semaine riche de réflexions. De célébrations et de transmission autour de cette pratique ancestrale emblématique du Nord-Est ivoirien.
Pour cette conférence inaugurale, deux grandes figures du monde universitaire et culturel africain portent la parole savante : les Professeurs Yacouba Konaté et Akiri Sylla. Enseignant-chercheur, linguiste et spécialiste des langues africaines et de l’histoire des civilisations, le Professeur Akiri Sylla est de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Il éclaire l’auditoire sur la profondeur historique et symbolique du Kroubi. Au croisement des mémoires, des langues et des dynamiques communautaires africaines. Yacouba Konaté n’est plus à présenter.
Bien plus qu’une danse, le Kroubi est une expression culturelle vivante.
Originaire principalement de la région historique de Bondoukou, cette tradition met en scène de jeunes filles. Exécutant des prestations chorégraphiques sur des échafaudages au rythme de chants et de musiques traditionnelles. À travers ses codes esthétiques, son organisation communautaire et sa portée initiatique, le Kroubi célèbre la beauté. Puis la dignité, la transmission et le vivre-ensemble.
Au fil des années, le Festival a pris une dimension internationale et panafricaine affirmée. Sa 10ᵉ édition anniversaire se tiendra du 11 au 13 juin 2026 dans la cité historique de Bondoukou autour du thème officiel. « La richesse de nos traditions, moteur d’unité et de progrès partagé ».
Cette édition réunira plusieurs nations africaines où cette pratique culturelle trouve également des résonances profondes. Notamment le Ghana, le Togo et le Bénin, avec l’Afrique du Sud comme pays invité d’honneur.
Le programme s’annonce particulièrement dense.
Prestations culturelles spectaculaires, expositions patrimoniales, panels de réflexion sur la sauvegarde des traditions, promotion du tourisme culturel. Mais aussi actions communautaires et campagnes de sensibilisation autour de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la sécurité routière.
Au-delà de la fête, l’ambition est immense : faire reconnaître le Kroubi comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Une démarche qui traduit la volonté des organisateurs, des autorités ivoiriennes et des acteurs culturels de préserver et de transmettre aux générations futures ce trésor vivant de la mémoire africaine.
En accueillant cette conférence inaugurale, la Fondation Amadou Hampâté Bâ rappelle avec force que la culture n’est pas seulement un héritage à contempler. Mais une énergie vivante à transmettre, à penser et à célébrer. Ici, la mémoire dialogue avec l’avenir. Ici, les traditions respirent encore. Et dans le souffle du Kroubi, c’est toute l’Afrique qui danse, se raconte et se rassemble.
ALEX KIPRE
photos: dr
POUVOIRS MAGAZINE

