Saint… Oui Saint… Saint serait son nom ! Le Président de la République, Alassane Ouattara, aurait-il, revêtu des attributs christiques ?
L’on est tenté d’y répondre par l’affirmative, du moins si l’on en croit l’extraordinaire fresque à laquelle certains esprits, en mal d’imagination, ont cru bon de nous convier ces derniers jours.
Figurez-vous que ce dernier aurait, selon la liturgie improvisée de quelques prophètes numériques autoproclamés, franchi toutes les étapes de la Passion en un temps record. D’abord annoncé agonisant. Non point sur quelque Golgotha symbolique. Mais dans les couloirs aseptisés d’un hôpital parisien. Puis promptement déclaré trépassé, mort, certificats d’outre-tombe brandis avec une assurance confondante par une soldatesque digitale. Dont la ferveur le dispute à la désinvolture.
Ces virtuoses de la rumeur, ces croque-morts avant l’heure, depuis les rives parisiennes de la Seine jusqu’aux confins des rivages canadiens. En passant par Babi la belle, drapés dans une gravité de circonstance, publiaient en effet, la main sur le cœur et l’œil humide (du moins l’imaginent-ils), des oraisons funèbres prématurées. Rivalisant d’effets tragiques et de détails tous aussi invérifiables les uns que les autres. Comme s’ils espéraient conjurer le réel à force d’incantations numériques.
À les lire, tout était consommé, acté, scellé.
« Alassane Ouattara est mort ! » disaient-ils sans ciller. Il ne manquait plus que les cloches pour que la fantasmagorie opère.
Et puis… et puis… hier mercredi 29 avril, advint le miracle de la résurrection. Celui qu’ils n’espéraient ni n’attendaient, car ne leur ayant pas été révélé par leur fameux « Éternel des armées », celui-là même qui ne parle qu’à eux et dont ils aiment à user du nom pour endormir les populations crédules, anesthésier leurs consciences.
Le grotesque qu’ils avaient érigé en méthode s’est alors retourné contre eux.
Sans trompettes ni tambours célestes, sans roulement de pierre et surtout sans une vierge à ses pieds… Astafourlaye serait-on tenté de dire, le supposé défunt fit une apparition des plus prosaïques. Bien vivant, bien portant, assistant, comme à son habitude, au Conseil des ministres, il était là. Ni claudicant, ni perfusé, ni même affaibli, mais droit, alerte, presque malicieusement souriant. Un peu comme amusé par la dramaturgie approximative de ses contempteurs. Il s’est ensuite offert un bain de foule lors de la cérémonie officielle d’ouverture du Salon international du livre d’Abidjan (SILA 2026).
Quelle autre preuve de santé faudrait-il encore ?
Il faut dire qu’il y a tout de même, dans cette étrange comédie, quelque chose de profondément révélateur. Faute, en effet, de pouvoir le battre et triompher de lui sur le terrain des idées, certains adversaires politiques en viennent à tenter de l’effacer symboliquement par la fabrication d’une réalité alternative. C’est là une stratégie de désespoir en laquelle est allègrement confondu le souhait, fût-il macabre, avec le fait et la rumeur avec la vérité.
Peuchère… il faut, en effet, consentir à une certaine forme de balourdise intellectuelle pour en arriver à pareille extrémité. Après tout, et nous le savions déjà. Les propos de certaines gens n’engagent jamais que ceux qui, par faiblesse ou par paresse d’esprit, choisissent d’y croire.
En attendant, le « ressuscité » du jour s’est de nouveau illustré, bien malgré lui. En démontrant, s’il en était besoin, qu’il est bel et bien le maître du terrain. Le « Bravetchè » comme on aime à le nommer sous nos cieux. Il continue, en effet, son œuvre, imperturbable. Ils l’ont tué mille fois… il gouverne toujours cependant.
Longue vie au Président Alassane Ouattara !!!
A. SYLLA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

