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Carrefour Drogba : la honte d’Abatta*

À Abatta, précisément au carrefour dit « Drogba », se déploie, sous les yeux impuissants des riverains, un spectacle d’une dangerosité et d’une indignité rares.

Une scène que l’on croirait tout droit sortie d’un récit de favelas. Des amas d’ordures ménagères, bouteilles plastiques, nourriture en putréfaction, sachets plastiques, abandonnés là, à même la chaussée. Un amoncellement, dans une indifférence presque institutionnalisée. Exhalant des relents pestilentiels qui agressent les sens et offensent la dignité humaine. Cela dure des semaines parfois, des mois souvent.

Comment pourrait-on, sans conséquences sanitaires, vivre dans une telle saleté en effet ?

De ces montagnes d’immondices surgissent, comme appelés par ce festin de déchéance, des hordes de rongeurs de toutes sortes. Des rats d’une taille et d’une audace inquiétantes. Même la présence de l’homme, réputé leur faire peur, ne semble avoir aucun effet sur eux. Leur prolifération est telle qu’ils semblent avoir conquis les lieux. Y imposant une souveraineté macabre, au point que l’on en viendrait, non sans une ironie désespérée, à leur prêter l’ardeur belliqueuse des djihadistes aguerris de l’AES.

Le voisinage, quant à lui, comme pris dans une spirale vénéneuse sur laquelle il n’a plus le contrôle, se trouve relégué au rang de simple cohabitant d’un environnement devenu hostile. Contraint de partager son espace vital avec ces vecteurs patents de maladies.

L’origine de ce chaos ?

Il nous revient, par des rumeurs de voisinage, donc infondées, qu’un différend opposerait un propriétaire d’immeuble, celui en face duquel se trouve cette poubelle à ciel ouvert, aux services de ramassage, celui-ci refusant de s’acquitter des frais y afférents. Ainsi, pour une querelle d’ordre privé, c’est toute une communauté qui se voit condamnée à subir les affres d’une insalubrité insoutenable.

Les agents de la société en charge de la collecte, interpellés sur place par nos soins, sont restés murés dans un silence somme toute assez révélateur. Laissant entendre, sans le dire toutefois, que ces déchets ne seraient point enlevés. Fait plus révoltant encore, s’il en était. A quelques encablures de là, dans la même rue, le service s’exécute avec une régularité exemplaire. Accentuant le sentiment d’injustice et d’abandon.

Faut-il donc que des populations entières soient ainsi livrées à la promiscuité avec les immondices et les nuisibles pour qu’enfin l’on daigne agir ?

Faut-il attendre que surviennent des drames sanitaires pour reconnaître l’urgence de la situation ?

Nous en appelons, avec gravité et insistance, à l’intervention diligente de la Brigade de l’Assainissement et de la Salubrité et de l’ANAGED. Dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Qu’ils viennent donc mettre un terme à ce calvaire indigne d’une cité moderne, car au-delà de l’inconfort, c’est bien la santé publique qui est ici gravement compromise. Et, avec elle, le respect dû à chaque citoyen.

A.SYLLA

photos: dr

POUVOIRS MAGAZINE

*le titre est de la rédaction.

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