Moqué, discuté, décisif : à 46 ans ce 30 décembre, Boubacar Barry Copa incarne une carrière singulière, faite de patience, résilience et moments historiques.
Né le 30 décembre 1979 à Marcory, à Abidjan, Boubacar Barry Copa fête aujourd’hui ses quarante-six ans révolus.
Issu d’une famille guinéenne peule originaire de Dalaba, il grandit dans les rues d’Abidjan, ballon aux pieds, comme beaucoup.
À ses débuts, Copa n’est pas gardien.
Il joue milieu de terrain, ce qui explique plus tard sa qualité rare de jeu au pied.
Après un passage remarqué au Stella Club d’Adjamé, il intègre l’académie MimoSifcom.
Il y est le plus âgé, souvent moqué, longtemps raillé pour son style et sa trajectoire atypique.
Ces critiques finissent par peser.
Copa comprend vite qu’en Côte d’Ivoire, s’opposer frontalement à certaines icônes, notamment Didier Drogba, n’est pas toléré.
Il choisit alors une autre voie.
Soutenir Drogba vaille que vaille, par réalisme autant que par apaisement personnel.
Ce choix illustre l’homme : pragmatique, discret, rarement dans l’affrontement public.
Sa carrière européenne s’écrit en Belgique, surtout à Lokeren, où il devient une référence durable.
Meilleur gardien de Belgique en 2009, il marque même un but sur penalty, symbole de son parcours singulier.
En sélection, il connaît frustrations et rédemption.
Finaliste malheureux en 2006 et 2012, il devient héros national en 2015.
Entré en finale après une blessure, il arrête deux penalties et marque le sien.
La Côte d’Ivoire est championne d’Afrique, et Copa entre définitivement dans l’histoire.
Aujourd’hui entraîneur des gardiens, Copa Barry laisse l’image d’un homme persévérant.
Un gardien critiqué, mais décisif.
Un survivant du football ivoirien moderne.
DESIRE THEA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
