Ce 1er avril, Youssouf Bakayoko aurait eu 83 ans. Disparu le 30 septembre 2023, cet homme d’État laisse l’image d’un diplomate rigoureux et d’un acteur central de l’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire.
De Bouaké, sa ville natale, aux plus hautes sphères internationales, son parcours témoigne d’une vie entièrement consacrée au service de la République.
Formé entre Paris et Genève, diplômé de prestigieuses institutions en relations internationales et en stratégie, Youssouf Bakayoko appartient à cette génération de diplomates. Pour lesquels la rigueur intellectuelle constituait le socle de l’action publique.
Très tôt engagé dans la carrière diplomatique, il représente la Côte d’Ivoire auprès des Nations unies. Et des institutions internationales, avant d’occuper des fonctions de haute responsabilité. Notamment comme ambassadeur et directeur de la Caisse de stabilisation.
Mais c’est au cœur de l’appareil d’État qu’il inscrit durablement son empreinte.
Ministre des Affaires étrangères entre 2005 et 2010, il incarne une diplomatie de mesure, attentive aux équilibres, dans un contexte national particulièrement sensible. Quelques mois plus tard, il accède à la présidence de la Commission électorale indépendante, fonction qu’il exercera jusqu’en 2019.
C’est dans ce rôle que son nom entre pleinement dans l’histoire. En 2010, dans un moment de tension extrême, sa voix — posée, grave — annonce des résultats. Lesquels marqueront durablement la trajectoire politique du pays. Un instant suspendu, où la parole institutionnelle devient un acte d’histoire.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

