L’Afrique de l’Ouest, nouvelle plaque tournante du trafic de cocaïne

2 mois

Entre routes maritimes stratégiques, fragilités institutionnelles et explosion de la demande mondiale, l’Afrique de l’Ouest s’impose comme un hub majeur du narcotrafic, avec des conséquences croissantes sur les sociétés locales.

L’Afrique de l’Ouest s’affirme aujourd’hui comme une zone centrale du trafic mondial de cocaïne, reliant l’Amérique latine aux marchés européens.

Selon les analyses du Global Initiative against Transnational Organized Crime, la sous-région est devenue une véritable plaque tournante du narcotrafic.

Depuis les années 2000, les cartels exploitent les routes maritimes ouest-africaines pour acheminer discrètement la drogue vers l’Europe.

Cette tendance s’est fortement accélérée ces dernières années, portée par une production record de cocaïne en Amérique latine.

Parallèlement, la demande européenne ne cesse d’augmenter, renforçant l’intérêt stratégique de cette région pour les réseaux criminels.

En 2025, près de 30 % de la cocaïne consommée en Europe transiterait par l’Afrique de l’Ouest.

Des pays comme la Guinée-Bissau ou le Sénégal sont particulièrement exposés à ces flux illicites croissants.

La faiblesse de certains systèmes de contrôle et la corruption facilitent l’implantation durable de réseaux criminels internationaux dans la région.

Les ports, souvent mal sécurisés, deviennent des points d’entrée privilégiés pour des cargaisons dissimulées dans le commerce légal.

Au-delà du simple transit, un phénomène inquiétant émerge avec l’augmentation de la consommation locale, notamment dans les grandes villes.

Cette évolution transforme progressivement la région en marché de consommation, aggravant les défis sanitaires et sociaux existants.

Les jeunes urbains sont particulièrement vulnérables, exposés à une drogue désormais plus accessible et moins coûteuse qu’auparavant.

Les profits générés par ce trafic alimentent également d’autres formes de criminalité, fragilisant davantage les États déjà confrontés à des défis sécuritaires.

Face à cette situation, les experts, dont Lucia Bird Ruiz, appellent à une coopération internationale renforcée.

Ils soulignent l’urgence de mieux contrôler les frontières, renforcer les institutions et lutter contre la corruption systémique.

Ainsi, l’Afrique de l’Ouest, devenue carrefour stratégique du trafic mondial, illustre les mutations profondes des routes de la drogue à l’échelle globale.

JM AHOUSSY

photo:dr

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