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Cinq ans après la disparition d’Hamed Bakayoko, survenue le 10 mars 2021 en Allemagne, la Côte d’Ivoire continue de se souvenir d’une figure singulière de la vie publique.

Homme de médias devenu pilier du pouvoir, proche d’Alassane Ouattara, “Golden Boy” laisse derrière lui une mémoire faite d’ascension politique, de fidélités personnelles, mais aussi de promesses interrompues.

Le 10 mars 2021, la Côte d’Ivoire apprend la disparition d’Hamed Bakayoko, mort à 56 ans à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, des suites d’un cancer fulgurant.

Ce jour-là, c’est Alassane Ouattara lui-même qui annonce la nouvelle et rend hommage à celui qu’il présente comme un fils et un proche collaborateur.

Surnommé Golden Boy, HamBak était devenu au fil des années l’une des figures les plus populaires et influentes du paysage politique ivoirien.

Avant la politique, il avait pourtant commencé dans l’univers des médias, animé par une passion précoce pour le journalisme et la communication.

Très jeune, il fonde et dirige le journal Le Patriote, publication engagée qui accompagne l’émergence politique du courant libéral autour d’Alassane Ouattara.

Dans les années 1990, il prend également la direction de Radio Nostalgie Côte d’Ivoire, devenant une figure familière du paysage médiatique ivoirien.

Ce passage dans les médias lui ouvre les portes de nombreux milieux : la politique, bien sûr, mais aussi la musique, la culture et le show-business.

Ses réseaux, sa proximité avec différentes sensibilités et sa capacité à dialoguer avec des acteurs très divers feront longtemps sa force.

Avant même son ascension au sein du camp présidentiel, il avait évolué dans les cercles politiques proches de Balla Keita au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire.

Mais c’est en se rapprochant progressivement d’Alassane Ouattara qu’il va véritablement construire son destin politique.

Ministre à plusieurs reprises, puis maire d’Abobo, il deviendra finalement Premier ministre, incarnant l’un des piliers du pouvoir ivoirien.

Sa disparition brutale interrompt alors une trajectoire que beaucoup imaginaient encore longue, certains allant jusqu’à voir en lui un possible successeur au sommet de l’État.

Mais la mort d’Hamed Bakayoko a aussi laissé derrière elle une autre réalité, plus intime et moins visible.

Dans son entourage politique et personnel, nombreux sont ceux à qui il avait tendu la main, promis un accompagnement, un projet, parfois même un avenir.

Son départ soudain a laissé ces attentes suspendues, ces engagements inachevés et ces espérances sans réponse.

Pour certains, l’absence de HamBak n’est pas seulement celle d’un dirigeant ou d’un ami : c’est aussi celle d’un homme qui savait ouvrir des portes et imaginer des trajectoires.

Cinq ans plus tard, ces promesses interrompues continuent d’alimenter une certaine nostalgie chez ceux qui croyaient encore à ses projets.

La mémoire officielle, elle, continue de lui rendre hommage.

Le 20 mars 2024, le lycée PK18 d’Abobo a été baptisé au nom d’Hamed Bakayoko, consacrant l’empreinte qu’il laisse dans cette commune populaire dont il fut maire.

Un symbole de reconnaissance pour un homme qui, de la presse aux plus hautes responsabilités de l’État, aura marqué durablement la vie publique ivoirienne.

Cinq ans après, “HamBak” demeure ainsi une présence paradoxale : absent dans les faits, mais toujours très présent dans les mémoires.

FATEM CAMARA

photo:dr

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