« L’école n’est pas un objet politique » : Pierre Kipré (Ascad) frappe fort

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Lors d’une table ronde stratégique tenue  par l’Ascad le 5 mars 2026 à Abidjan, l’ancien ministre de l’Éducation nationale Pierre Kipré a dénoncé des inégalités régionales.

Celles dans la mise en œuvre des collèges de proximité et plaidé pour une planification éducative fondée sur des données réelles.

Le jeudi 5 mars 2026 à 9 heures, une table ronde stratégique consacrée à l’avenir des collèges de proximité en Côte d’Ivoire s’est tenue à l’hôtel Capitol, à la Riviera, à Abidjan. Cette rencontre a permis d’interroger la politique de décentralisation et le transfert des compétences de l’État vers les collectivités territoriales dans le domaine de l’éducation.

À cette occasion, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Pierre Kipré, est intervenu pour partager son analyse et soulever plusieurs préoccupations liées aux inégalités régionales dans la mise en œuvre du programme des collèges de proximité.

Selon lui, certaines disparités observées entre les régions proviennent d’interventions extérieures qui ne s’inscrivent pas toujours dans la logique de décentralisation. Il a notamment évoqué l’exemple de la région de la Nawa, rappelant que malgré les ressources importantes générées par le cacao à une époque où son prix atteignait 2 800 francs CFA le kilogramme, aucun des quarante établissements construits n’est revenu à cette région.

Aujourd’hui, le prix du cacao se situe autour de 1 200 francs CFA.

Pour Pierre Kipré, ces situations révèlent une véritable inégalité territoriale qui mérite d’être examinée avec attention. Il a ainsi appelé les participants à l’atelier à demander davantage de cohérence dans la mise en œuvre des projets éducatifs à l’échelle nationale.

L’ancien ministre a également attiré l’attention sur les coûts de construction des collèges. Dans la plupart des cas, chaque conseil régional fait appel à une entreprise pour bâtir les infrastructures, parfois à travers un appel d’offres. Toutefois, en l’absence d’un modèle standard proposé par l’État, des dérives peuvent apparaître et accentuer les disparités entre les régions.

Pierre Kipré a aussi évoqué les réalités sociales qui influencent la fréquentation scolaire. Dans certaines régions comme le Bounkani, le Poro ou encore San Pedro, il arrive que des parents retirent temporairement leurs enfants de l’école pendant certaines périodes agricoles, notamment pour la culture de l’igname ou les récoltes.

Face à ces réalités, il estime que la programmation des écoles et des collèges de proximité doit s’appuyer sur des données réelles, notamment les taux nets de scolarisation et de fréquentation scolaire.

« On ne construit pas un collège pour des raisons politiques. L’école n’est pas un objet politique. L’école, c’est d’abord un maître devant des élèves. Et non seulement des bâtiments »

. A-t-il insisté.

Pour lui, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui confrontée à un problème d’efficacité du système éducatif, les résultats scolaires restant préoccupants aussi bien au primaire qu’au collège.

Il a toutefois salué la décision du gouvernement visant à permettre à tous les enfants d’accéder au collège, tout en soulignant la nécessité d’aller au fond des problèmes pour améliorer la qualité de l’enseignement.

Enfin, Pierre Kipré a rappelé que les collectivités territoriales manquent parfois de moyens financiers pour répondre aux attentes des populations. Mais malgré ces contraintes, les citoyens continuent d’espérer la construction de collèges de proximité dans leurs localités;

ALEX KIPRE

photo: dr

POUVOIRS MAGAZINE

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Le jeudi 5 mars 2026, l’hôtel Capitol de la Riviera à Abidjan