Décidée par arrêté ministériel et annoncée à la télévision nationale, la dissolution de quarante partis politiques provoque une onde de choc.
Dans ce climat incertain, l’avenir du pluralisme politique guinéen apparaît désormais au cœur des inquiétudes nationales et internationales.
La tension politique reste vive dans un pays fragilisé par plusieurs années d’instabilité institutionnelle et de contestations sociales persistantes.
Sollicité par plusieurs médias après cette annonce retentissante, le gouvernement guinéen n’a pour l’instant formulé aucune réaction officielle.
La société civile, notamment le Front national pour la défense de la Constitution, estime que cette décision plonge la Guinée dans l’inconnu politique.
Pour cette organisation citoyenne, la dissolution massive des partis politiques constitue un signal préoccupant pour l’avenir démocratique du pays.
Une telle situation pourrait fragiliser davantage la stabilité politique nationale et compromettre les acquis démocratiques obtenus ces dernières années.
Selon l’opposition, empêcher les acteurs politiques d’agir légalement pourrait pousser certains militants vers la clandestinité et alimenter tensions et frustrations.
Le porte-parole de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, Souleymane Souza Konaté, dénonce un musèlement définitif des voix critiques dans le pays.
Le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo figure parmi les formations politiques qui ont vivement condamné cette décision controversée.
Les réactions de l’opposition ne se sont donc pas fait attendre après l’annonce officielle de cette mesure radicale.
Cette dissolution intervient alors que la Guinée s’apprête à organiser des élections législatives, locales et sénatoriales prévues le 24 mai prochain.
Plusieurs formations politiques avaient pourtant reçu un délai officiel pour se mettre en conformité avec les nouvelles exigences administratives.
Elles devaient actualiser leurs statuts, organiser des congrès internes et prouver l’existence d’un siège dans chaque préfecture nationale.
Mais la décision est finalement tombée comme un couperet pour de nombreux responsables politiques guinéens déjà inquiets.
L’arrêté signé le 6 mars par Ibrahima Kalil Condé interdit désormais à ces partis toute activité politique.
Le document officiel précise également que cette dissolution entraîne la perte immédiate de leur personnalité morale et de leur statut juridique.
Les autorités ont aussi annoncé la mise sous séquestre de l’ensemble des biens appartenant aux partis dissous.
Selon l’administration, cette mesure concerne toutes les structures et patrimoines politiques situés sur le territoire guinéen.
L’annonce officielle a été faite à la télévision nationale où les noms des quarante partis politiques dissous ont été cités.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
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