J.M. Kouakou:« La musique de Butler a traversé les frontières et je veux lui offrir un métissage ivoirien sincère »

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 À la veille de son concert hommage à Jonathan Butler à l’Institut français de Côte d’Ivoire, Jean Marc Kouakou affirme sa vision : fidélité, authenticité et identité africaine assumée.

Pouvoirs Magazine : Reprendre Jonathan Butler n’est pas anodin. Pourquoi ce choix maintenant ?

Jean Marc Kouakou : Excellente question. Reprendre Jonathan Butler n’est jamais chose aisée. En réalité, c’est un programme déjà établi dans le cadre de l’Ivoir Jazz Night. La production recherchait une personne ressource capable d’entrer dans ce schéma artistique. J’ai accepté avec humilité, conscient de la responsabilité.

Pouvoirs Magazine : Butler est à la croisée du jazz, du gospel et de la soul. Quelle facette vous interpelle le plus ?

Jean Marc Kouakou : Son influence gospel et soul me touche particulièrement. Ce sont des sonorités qui ont bercé mon apprentissage musical. J’ai beaucoup écouté Jonathan Butler à mes débuts, et cela a façonné ma sensibilité.

Pouvoirs Magazine : Techniquement, qu’est-ce qui rend son jeu exigeant ?

Jean Marc Kouakou : Allier le chant et la guitare à un haut niveau est déjà complexe. Mais chez lui, il y a en plus cette couleur sud-africaine, cette musicalité particulière dans la manière de chanter et de jouer simultanément.

Pouvoirs Magazine : Sera-ce une reprise fidèle ou une relecture afro-ivoirienne ?

Jean Marc Kouakou : Je ferai l’effort de respecter l’œuvre, mais en tant que musicien, j’y mettrai ma touche. Il est important de laisser libre cours à sa personnalité artistique.

Pouvoirs Magazine : Comment éviter l’imitation ?

Jean Marc Kouakou : Il faut s’imprégner des versions studio, puis des lives. Ensuite, trouver l’équilibre entre fidélité et authenticité personnelle.

Pouvoirs Magazine : Ce concert marque-t-il un tournant ?

Jean Marc Kouakou : Oui. J’ai déjà joué à l’Institut avec des artistes comme

Tiken Jah Fakoly, Soul Bang’s ou Manamba Kanté. Mais cette fois, être tête d’affiche marque un nouveau tournant.

Pouvoirs Magazine : En tant que professeur à l’INSAAC, est-ce aussi un acte pédagogique ?

Jean Marc Kouakou : Bien sûr. Jonathan Butler est une école à lui seul. Son parcours est une véritable leçon musicale.

Pouvoirs Magazine : Quel dispositif scénique avez-vous imaginé ?

Jean Marc Kouakou : Une formation standard, enrichie d’un saxophoniste pour apporter davantage de couleur.

Pouvoirs Magazine : Le public ivoirien connaît-il suffisamment Butler ?

Jean Marc Kouakou : Les amateurs de gospel, jazz et soul ont forcément déjà écouté au moins un de ses titres.

Pouvoirs Magazine : Si Jonathan Butler assistait au concert, que souhaiteriez-vous qu’il retienne ?

Jean Marc Kouakou : J’aimerais qu’il voie que sa musique a traversé les frontières et les générations. Qu’elle s’est métissée ici, en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, et qu’il y a un immense potentiel artistique sur cette terre.

Interview réalisée par

ALEX KIPRE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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