Le PDCI-RDA a rompu le lourd silence de la classe politique fait de pusillanimité et d’embarras.
Dans une déclaration officielle, le principal parti de l’opposition a invité le pouvoir ivoirien à faire toute la lumière sur la sordide affaire Jeffrey Epstein. « Notre pays ne peut se permettre d’être éclaboussé, même indirectement, par des accusations aussi graves sans que toute la lumière ne soit faite. » S’est-il indigné avant de convoquer la transparence dans ce fumant dossier: « Si les faits évoqués sont faux, qu’on le prouve aux Ivoiriens. S’ils sont vrais, qu’aucune protection politique ne fasse obstacle à la justice. »
Le gouvernement n’a toujours pas réagi et le RHDP garde sa mutité. Mais L’avenir, un organe de presse allié du pouvoir, est monté au créneau, ce jeudi 19 février (voir ci-dessous).

Et c’est la réponse du berger à la bergère pour montrer que cette affaire n’épargne personne.
L’affaire du pédocriminel et prédateur sexuel américain fait donc des vagues. Le réseau d’affaires de Jeffrey Epstein et ses liens ont été une toile d’araignée qui a pris l’élite mondiale et particulièrement occidentale.
Aux excuses publiques de certains dirigeants ont succédé les démissions d’autres. Et quelquefois pour n’avoir été en contact qu’avec le trafiquant sexuel et violeur états-unien, qui s’est donné la mort en août 2019.
En Côte d’Ivoire, des noms de dirigeants sont abondamment cités. L’ex-premier ministre défunt Hamed Bakayoko et l’ex-mannequin Nina Kamara-Kéita.
Cette dernière est une personnalité de premier plan.
Cette directrice générale adjointe de la Société de gestion des stocks pétroliers (GESTOCI) est l’épouse d’Adama Kamara. Ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle. Il y a mieux: elle est la nièce d’Alassane Ouattara, le chef de l’État.
C’est elle qui, après un long séjour aux USA, aurait mis en relation son oncle devenu chef d’État en 2011 avec Jeffrey Epstein. Ce dernier, dans les dossiers déclassifiés, aurait non seulement dealé avec Ouattara mais effectué plusieurs séjours à Abidjan.
Partout, c’est une bombe. Aux USA, Donald Trump est dans la tourmente. Bill Clinton et son épouse Hillary vont témoigner devant le Congrès américain à la fin du mois de février. Au Royaume-Uni, on a arrêté et placé en garde à vue l’ex-prince Andrew, visé par une enquête. En France, le parquet est à pied d’œuvre pour démêler le vrai du faux, avec des perquisitions chez Jack Lang.
On a levé l’immunité de Thorbjørn Jagland, ancien secrétaire général du Conseil de l’Europe, en Norvège pour des perquisitions.
Au même moment, Terje Roed-Larsen et Muna Juul, un couple de « super diplomates » artisan des accords israélo-palestiniens d’Oslo en 1993, sont poursuivis par la justice norvégienne.
En Côte d’Ivoire, ce sont la paralysie et un silence de cimetière. Et sans aucun doute, l’implication supposée du président du PDCI-RDA va donner un coup de fouet à l’enquête dans cette affaire. Car, devant ce scandale qui dépasse tout entendement, la justice et/ou le parlement ne doivent pas se taire. Quitte à faire des omelettes en cassant des œufs. Pour la crédibilité du pays.
F. M. Bally
POUVOIRS MAGAZINE

