Un an après le départ forcé des soldats français, Paris et N’Djamena scellent leur réconciliation. La visite de Mahamat Idriss Déby à l’Élysée relance une coopération stratégique, incluant un discret volet militaire.
Un an après son départ contraint, la France signe un retour diplomatique remarqué au Tchad.
La visite officielle de Mahamat Idriss Déby à Élysée a scellé cette réconciliation stratégique bilatérale.
Fin janvier, il a été reçu par le président français Emmanuel Macron à Paris.
Cette rencontre marque un tournant après une année de relations tendues entre les deux capitales.
Le trente janvier deux mille vingt-cinq, les derniers soldats français quittaient discrètement N’Djamena.
Près de mille militaires étaient alors stationnés sur le territoire tchadien.
Leur retrait faisait suite à une décision ferme des autorités tchadiennes.
Sur la base aérienne Adji-Kosseï, les traces françaises se sont progressivement effacées.
Un ancien emblème de l’opération Operation Barkhane demeure à peine visible sur un mur défraîchi.
Aujourd’hui, des soldats tchadiens et des équipages russes occupent les installations stratégiques.
Pendant des décennies, cette base constituait un pivot essentiel du dispositif militaire français africain.
Elle servait notamment de plateforme logistique pour les opérations extérieures au Sahel.
La coopération militaire française au Tchad remontait à l’époque coloniale.
Elle s’est poursuivie après l’indépendance proclamée en mil neuf cent soixante.
La rupture intervenue en deux mille vingt-cinq semblait alors définitive et brutale.
Pourtant, les intérêts sécuritaires communs n’ont jamais totalement disparu entre partenaires.
Les discussions récentes évoquent des projets économiques et sécuritaires renouvelés.
Un volet militaire discret accompagnerait cette relance diplomatique progressive entre États.
Paris et N’Djamena cherchent désormais un équilibre fondé sur souveraineté et pragmatisme partagé.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

