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C’est abracadabrantesque et hallucinant. Selon un communiqué officiel de la présidence de la république, « le vice-président de la république, M. Meyliet Tiémoko Koné, a quitté, ce jeudi 12 février 2026.

Abidjan pour Addis-Abeba (Éthiopie) où il représentera le président de la république, S.E.M Alassane Ouattara. »
Au regard des dispositions constitutionnelles, il plane dans l’air un parfum d’usurpation de titre. Les services de la présidence en sont convaincus, qui ont retiré à M. Koné le prédicat honorifique protocolaire « Son Excellence ».
En effet, Koné Tiémoko Meyliet n’est plus officiellement le vice-président de la république en exercice. Ayant prêté serment, le 20 avril 2022, sa fonction, comme celle du président de la république sous le troisième mandat, a pris fin le 8 décembre 2025.
Ce jour-là, après la présidentielle du 25 octobre 2025, Alassane Ouattara prêtait serment pour un nouveau mandat, le quatrième. La réélection du président sortant n’entraîne pas automatiquement la reconduction du vice-président de la république sortant.
Pour cela, selon l’alinéa 2 de l’article 55 nouveau de la Loi fondamentale n°2016-886 du 8 novembre 2016 modifiée par la Loi constitutionnelle n°2020-348 du 19 mars 2020, « le président de la république choisit un vice-président de la république. En accord avec le parlement. »

Cette étape n’a pas encore été franchie.

Et en violation de l’alinéa 1 de l’article 80 de la Constitution, Koné Meyliet, qu’on n’a pas encore choisi et qui n’a pas prêté serment devant le Conseil constitutionnel, ne peut régulièrement et valablement agir sur délégation du président de la république. Traduisant que le poste de haut représentant du président de la république reste sans fonction.
Ce n’est pas tout. Koné Meyliet a été élu député à l’issue des législatives du 27 décembre 2025. A la différence des ministres reconduits, des DG et DAF en exercice élus. Ces  derniers sont tombés sous le coup de la loi portant incompatibilité entre leur fonction et celle du mandat parlementaire, M. Koné n’a pas encore renoncé à sa fonction de député. Et cela en violation de l’article 61 de la Loi sus-citée qui dispose: « Les fonctions du président de la république (et du vice-président de la république) sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire. »
De ce fait, Koné Tiémoko Meyliet va arriver à ce 39 è sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (14 au 15 février), consacré à l’eau, trempé des attributs de député (écharpe, insigne, pin’s et cocarde). Et du titre forclos de vice-président de la république. C’est la bouillabaisse.
F. M. Bally
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

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