21 janvier: Le pouvoir secret du câlin, ce que ça cache!

4 semaines

En Afrique comme ailleurs, le câlin n’est pas un luxe. Il est un langage ancien, un lien vital, aujourd’hui confirmé par la science.

Le 21 janvier marque la Journée internationale du câlin.
Une initiative lancée en 1986 par le pasteur américain Kevin Zaborney, pour lutter contre la morosité et l’isolement.

Mais bien avant cette date officielle, le câlin existait déjà chez nous.
Dans les familles africaines, on se serre, on touche, on rassure, parfois sans un mot.

Recevoir un câlin d’un être aimé est une expérience profondément réconfortante.
Un geste simple, mais chargé d’émotions, de sécurité et de reconnaissance.

Les humains ne sont d’ailleurs pas les seuls à se câliner.
De nombreux singes, nos cousins biologiques, utilisent le contact physique pour apaiser et renforcer les liens sociaux.

Le câlin, diffuseur naturel de bien-être

Selon le professeur Robin Dunbar, psychologue évolutionniste à l’université d’Oxford, le contact physique est au cœur du lien social.
Des caresses lentes et douces activent dans la peau des récepteurs spécifiques qui stimulent la production d’endorphines.

Ces endorphines, souvent appelées hormones du bonheur, réduisent la douleur, apaisent l’esprit et procurent une sensation de bien-être.
Un câlin peut donc calmer une peine, alléger une fatigue, apaiser une colère.

En Afrique, ce langage du corps est ancien.
Une accolade, une main posée sur l’épaule, une étreinte silencieuse disent parfois plus que de longs discours.

Un soutien pour le système immunitaire

Les bienfaits du câlin ne s’arrêtent pas au mental.
Des chercheurs de l’université Carnegie Mellon ont montré que les personnes recevant régulièrement des câlins résistent mieux aux infections.

Dans leur étude, les adultes les plus câlinés présentaient moins de risques de tomber malades, ou développaient des symptômes plus légers.
Un geste affectif peut donc aussi devenir un bouclier pour le corps.

Un allié pour le cœur

Le câlin agit également sur la santé cardiovasculaire.
Dix secondes d’étreinte suffisent à faire baisser la tension artérielle et le niveau de stress.

L’ocytocine, hormone de l’amour et de l’attachement, augmente, tandis que le cortisol, hormone du stress, diminue.
Ces effets seraient particulièrement marqués chez les femmes, mais bénéfiques pour tous.

Les personnes âgées, malades ou en situation de handicap ressentent encore plus vivement ce besoin de contact.
Le toucher devient alors un soin, parfois plus puissant que certains médicaments.

Un rôle vital dès la naissance

Chez les nouveau-nés, le câlin est vital.
En 2024, des chercheurs européens ont confirmé que le contact « peau à peau » avec les parents favorise fortement le développement des bébés.

Chez les prématurés notamment, ce geste simple peut réduire les risques de complications, voire de mortalité.
Un message fort pour des pays où les structures médicales restent parfois limitées.

Les scientifiques sont clairs : plus les câlins sont fréquents, plus leurs effets sont bénéfiques.
Une étreinte répétée vaut parfois mieux qu’un long massage occasionnel.

Grandir avec le toucher

Dans l’enfance, les câlins accompagnés de paroles encourageantes construisent la confiance et la sécurité intérieure.
L’absence de contact physique peut fragiliser durablement l’équilibre émotionnel, chez l’enfant comme chez l’adulte.

Or, dans nos sociétés africaines, la modernité, l’urbanisation et les pressions sociales tendent parfois à éloigner les corps.
On parle beaucoup, on s’écrit, mais on se touche moins.

Réflexion : et si nous revenions à l’essentiel ?

Le câlin n’est pas une faiblesse.
Il n’enlève rien à la dignité, à l’autorité ou à la virilité.

Il est un rappel : nous sommes des êtres de lien.
Dans un monde dur, rapide, parfois violent, se prendre dans les bras reste un acte de résistance humaine.

En Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique, renouer avec ce geste simple, c’est renouer avec notre humanité profonde.
Un câlin ne coûte rien, mais il peut sauver beaucoup.

FATEM CAMARA

photo:dr

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