CUL-DE-SAC. Le PPA-CI se retrouve aujourd’hui dans un véritable cul-de-sac politique.

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Après avoir formé un Front commun avec le PDCI-RDA, les deux partis ont refusé toute option alternative pour contourner l’invalidation des candidatures de Laurent Gbagbo et de Cheick Tidjane Thiam, leurs présidents et candidats naturels.

En conséquence, ils n’ont pas pris part à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, déroulant ainsi le tapis rouge à Alassane Ouattara, élu avec près de 90 % des suffrages pour un quatrième mandat.

Aux élections législatives du 27 décembre 2025, les chemins des deux alliés se sont séparés. Tandis que l’ancien parti unique, le PDCI-RDA, était en lice, le PPA-CI a maintenu le choix du boycott. Résultat : le parti ne compte aucun représentant à l’Assemblée nationale.

Le RHDP a, pour sa part, réalisé un véritable raz-de-marée électoral en obtenant 177 sièges sur 255, pendant que le PDCI-RDA se contentait de 32 députés. À la suite de l’investiture d’Alassane Ouattara, l’Assemblée nationale a élu son président, Jérôme Patrick Achi, à une majorité écrasante.

Acculé, le PPA-CI apparaît désormais dans une impasse.

Toutes ses initiatives — « Côcôcô », « Non au quatrième mandat », « Trop, c’est trop », entre autres — ont fait long feu. La vie politique, elle, continue d’avancer, reléguant à la périphérie un parti qui avait pourtant suscité beaucoup d’espoir, avant de s’isoler par des stratégies hasardeuses.

De guerre lasse, Laurent Gbagbo se résout alors à aller à Canossa. Il consent à de lourdes concessions politiques sans avoir obtenu de contreparties visibles. Ainsi, il a dépêché son directeur de cabinet, Emmanuel Ackah, pour reconnaître le gouvernement et, de facto, le quatrième mandat d’Alassane Ouattara. Mandat au cours duquel des centaines de jeunes et de responsables du parti ont été emprisonnés, des vies perdues et des villages incendiés.

En position de faiblesse, Gbagbo cherche désormais à négocier avec un régime si sûr de sa puissance qu’il ferme même la porte de son groupe parlementaire aux indépendants issus de ses propres rangs. Sans en avoir l’air, et au nom d’une realpolitik qu’il rejetait hier, il fait amende honorable.

Et Jean Jaurès avait raison :
« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. »

F. M. Bally

photo:dr

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