200 Bounty, un terreau fertile pour les hackers éthiques au bénéfice des entreprises ivoiriennes

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La première édition du Forum Moussouris sur la cybersécurité, tenue ce samedi 20 décembre 2025 au Palais de la Culture de Treichville, a servi de cadre au lancement d’un cyberespace destiné aux entreprises.

Leur permettant de faire tester, en toute légalité, la sécurité de leurs systèmes informatiques par des hackers éthiques.

200 Bounty est le nom de la première plateforme ivoirienne de bug bounty, un programme international de gestion des vulnérabilités à travers lequel des entreprises rémunèrent des hackers éthiques — des pirates informatiques agissant au service du bien — pour détecter et signaler d’éventuelles failles dans leurs systèmes, sites web ou applications, afin de renforcer leur cybersécurité face à des cyberattaques de plus en plus sophistiquées.

Lancée officiellement dans la salle Kodjo Ebouclé du Palais de la Culture de Treichville, lors de la première édition du Forum Moussouris, la plateforme 200 Bounty ambitionne de devenir le principal vivier de hackers éthiques freelance en Côte d’Ivoire. Elle leur offre un cyberespace d’expression réglementé, légal et rémunérateur.

« Ça va déjà leur éviter d’aller en prison », lance sur le ton de la boutade Diabakaté Ikary, promoteur de 200 Bounty, en évoquant les avantages pour les hackers freelance ivoiriens d’adhérer à cette plateforme.

« La technologie évolue et les hackers deviennent de plus en plus nombreux.

Beaucoup de jeunes, qui n’ont pas réussi à s’insérer professionnellement dans des entreprises, deviennent un danger public lorsqu’ils utilisent leurs compétences pour commettre des vols. Entrer dans un système informatique et y détecter une faille est illégal lorsqu’on n’a pas d’autorisation. Mais la plateforme 200 Bounty, qui bénéficie de nombreuses certifications internationales américaines, notamment de l’EC-Council, et qui est accompagnée au plan national par des organismes étatiques comme l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et l’ARTCI (Autorité de régulation des télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire), va offrir un cadre légal et réglementaire d’exercice à ces talents. En détectant des failles dans les systèmes des entreprises partenaires, ils pourront être rémunérés à des tarifs avantageux. C’est donc une véritable source d’emploi pour les jeunes », a développé le directeur général d’Illimigroup et commissaire général de Moussouris.

À l’occasion de cette cérémonie, les 40 premiers bénéficiaires de la formation en hacking éthique ont reçu leurs diplômes dans une salle comble, réunissant de nombreux jeunes passionnés d’informatique, des membres des communautés abidjanaises de codeurs, ainsi que des représentants des organismes de régulation et des ministères de tutelle en charge de la Jeunesse et des TIC.

Béké Marie-Guy fait partie des quatre jeunes femmes de cette promotion de hackers éthiques certifiés par le programme Moussouris.

Lequel met également un point d’honneur à promouvoir le genre.

A l’image de la hackeuse éthique américaine Katie Moussouris, dont le programme s’inspire.

Étudiante en Réseaux informatiques et télécommunications (RIT), elle explique s’être intéressée au programme Moussouris pour « acquérir davantage de compétences. Et se donner la possibilité d’exercer sa passion au sein d’une entreprise en tant qu’experte en cybersécurité ».

« C’est un métier d’avenir, avec l’essor des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Je considère que les femmes ne doivent pas rester à la périphérie de cet écosystème d’opportunités. Mais en être des actrices centrales », affirme la jeune hackeuse. Elle qui dit désormais maîtriser des techniques telles que le piratage de caméras, le phishing. Et d’autres outils appris durant le programme Moussouris.

Cette première édition apparaît comme un succès manifeste. Ayant su mobiliser l’ensemble des maillons de la chaîne du secteur. Et surtout les jeunes passionnés d’informatique, cœur de cible du projet.

Diabakaté Ikary a d’ores et déjà annoncé la deuxième édition du Forum Moussouris, prévue pour décembre 2026. Avec, en perspective, la possible venue à Abidjan de Katie Moussouris.
« Nous sommes en négociations », glisse, sourire aux lèvres, le patron d’Illimigroup.

AARON LESLIE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE