Dans un paysage politique souvent dominé par l’ego et la mise en scène, Ange Félix N’Dakpri assume une posture singulière : celle de l’éditeur, au service des autres.
Son ambition est claire : transformer le livre en politique publique et la culture en bien commun.
Si Ange Félix N’Dakpri accède à l’Assemblée nationale, ce ne sera ni dans la posture de l’écrivain solitaire en quête de reconnaissance, ni dans celle du poète enfermé dans l’exaltation de sa propre œuvre. Il y entrera en éditeur, en commissaire général de salon. C’est-à-dire en homme du collectif, de la médiation et de la structuration. Cette distinction est fondamentale. Là où l’écrivain parle souvent depuis une subjectivité — aussi brillante soit-elle — l’éditeur agit depuis une responsabilité. Celle de faire émerger, circuler et durer les voix des autres.
L’histoire contemporaine montre que les politiques culturelles les plus efficaces ont rarement été portées par des créateurs centrés sur leur œuvre personnelle. Mais par des organisateurs de sens, des bâtisseurs d’écosystèmes culturels. Aux États-Unis, ce sont des acteurs issus de l’édition, des bibliothèques publiques. Et des fondations du livre qui ont permis l’essor d’un vaste réseau de lecture publique, l’accès démocratique au savoir. De même que la protection des droits d’auteur, bien au-delà de toute démarche individuelle. En France, les grandes avancées en matière de bibliodiversité, de prix unique du livre ou de soutien aux librairies ce sont les éditeurs qui les ont impulsées. Ou alors des administrateurs culturels et des responsables d’institutions non par des auteurs cherchant à consacrer leur nom.
Ange Félix N’Dakpri s’inscrit clairement dans cette lignée. Celle de l’acteur culturel non narcissique, dont l’action vise la communauté avant la signature. Commissaire général du Salon international du livre d’Abidjan (SILA), ex-président de l’ASSEDI, directeur général de la Maison GAD Éditions, il a consacré son parcours à accompagner des auteurs, structurer un secteur fragile et préserver un patrimoine intellectuel ivoirien et africain trop souvent marginalisé.
Son œuvre n’est pas un livre unique, mais un catalogue vivant, fait de voix multiples, d’histoires transmises et de savoirs sauvegardés.
À l’hémicycle, cette posture prend tout son sens. AFN ne viendrait pas défendre une sensibilité personnelle, mais un intérêt général culturel. Il porterait des politiques concrètes : protection de l’édition nationale, commandes publiques de livres locaux, renforcement des bibliothèques, intégration systématique des œuvres ivoiriennes dans l’éducation et la diplomatie culturelle. Autant de mesures qui bénéficient directement aux populations, aux jeunes, aux territoires ruraux comme urbains.
Là où l’écrivain-poète agit souvent dans le temps court de l’inspiration et de la reconnaissance, l’éditeur pense en temps long : transmission, mémoire, continuité. Il sait que ce qui n’est pas organisé, diffusé et protégé disparaît, et que la culture ne survit que si elle est adossée à des politiques publiques solides.
La promesse d’Ange Félix N’Dakpri pour l’hémicycle est donc celle d’une action active, collective et structurante. Faire du livre non un ornement symbolique du pouvoir, mais un outil concret de développement, d’éducation et de cohésion nationale. Une promesse portée par un homme qui n’écrit pas pour être regardé, mais qui édite pour que le peuple se reconnaisse, se forme et se projette.
AK
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
