En rappelant Wilfried Zaha à la dernière minute, sans le moindre regroupement, Faé Emerse expose au grand jour une gestion incohérente, hésitante et dangereusement improvisée.
Le sélectionneur demande de « le laisser travailler »… mais ses décisions donnent l’impression qu’il ne sait même plus où il va.
Faé Emerse avait promis de bâtir une équipe cohérente, soudée, disciplinée. Il avait juré qu’il ne ferait aucun cadeau, qu’il construirait un groupe solide. Résultat ? À quelques jours de la CAN 2025, il délaisse Nicholas Pépé, Adingra Simon. Et rappelle Wilfried Zaha, un joueur qui joue dans un championnat sous côté et qu’il avait lui-même mis de côté pour incompatibilité avec le vestiaire. La contradiction est énorme, brutale, incompréhensible.
Et comme si cela ne suffisait pas, le sélectionneur ose déclarer :
« S’il vient et qu’il ne s’adapte pas, on va le faire partir. C’est clair. On était en contact tout le temps avec lui. »
En contact… vraiment ?
Alors pourquoi pas un seul regroupement, pas une seule séance collective, pas un seul test de compatibilité ?
Depuis quand on “évalue” l’intégration d’un joueur… à distance ?
Le pire, c’est la temporalité. Zaha débarque au dernier moment, alors que la liste aurait dû être verrouillée depuis longtemps. Ce timing catastrophique donne l’impression que Faé improvise, qu’il navigue sans boussole. Qu’il n’a toujours pas identifié un groupe plus d’un an après avoir pris les commandes.
Désolé, mais on ne demande pas aux supporters de “ne pas juger” quand le sélectionneur lui-même accumule des décisions qui se contredisent, se heurtent et s’annulent.
On ne demande pas “de la patience” quand tout démontre un manque flagrant d’anticipation.
On ne demande pas “de la confiance” quand les actes montrent clairement que la maison brûle.
Le cas Zaha est un symbole :
— il n’était pas là pendant les phases de construction ;
— il avait déjà été écarté pour comportement problématique ;
— le joueur n’a aucune connexion récente avec le groupe ;
— et malgré ça, il revient soudainement comme si rien ne s’était passé.
C’est comme si Faé disait : “Je n’ai pas réussi à construire une équipe, alors je tente un coup de poker désespéré.”
Le problème, c’est que la Côte d’Ivoire est championne ne mérite pas un coach champion qui tâtonne à la veille d’une CAN.
La sélection n’est pas un terrain d’expérimentation de dernière minute.
Et ce flou, ce manque de ligne claire, cette gestion approximative… ce n’est plus une erreur : c’est un aveu. De faiblesse.
Faé Emerse voulait du temps.
Aujourd’hui, c’est lui qui en manque.
Et ses contradictions deviennent impossibles à ignorer.
DESIRE THEA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
