Guinée: Horta, La démocratie est-elle encore légitime?

1 semaine

Moins d’un jour après la chute du président Umaro Sissoco Embaló, le général Horta N’Tam s’installe à la tête de la transition.

L’opération, justifiée par un appel à « rétablir l’ordre », interroge observateurs et oppositions qui dénoncent une manœuvre destinée à bloquer l’alternance.

La Guinée-Bissau s’est réveillée avec un nouveau chef après une nuit brouillée par un coup de force militaire soudain.
Le général Horta N’Tam a été investi après la chute du président Embaló, dans une cérémonie lancée sous forte surveillance sécuritaire.
La junte promet une transition d’un an, un ordre public restauré et une stabilité reconstruite par la discipline militaire.

Mais les élections devaient révéler un vainqueur légitime, et non la silhouette sombre d’un général imposé par les armes.
La prise de pouvoir survient la veille des résultats, alimentant de fortes suspicions d’ingérence politique calculée.
Selon Vincent Foucher, ce coup pourrait viser à empêcher une alternance devenue trop probable pour les adversaires du régime.

Fernando Dias semblait capable de rallier les électeurs balantes, très nombreux, ainsi que les soutiens historiques du PAIGC.
Cette combinaison électorale annonçait une défaite sévère pour le clan présidentiel désormais évincé.
C’est dans cette atmosphère chargée de tensions que les officiers ont parlé de « nécessité de restaurer l’ordre ».

Pendant la cérémonie, le général N’Tam a prôné l’urgence, l’unité, la sécurité et la discipline nationale.


Les frontières ont été rouvertes aussitôt, mais toute manifestation a été interdite jusqu’à nouvel ordre.
Ces décisions dessinent une transition autoritaire qui impose sa ligne en réécrivant les règles publiques.

La population, habituée aux cycles de coups d’État, observe avec inquiétude cette nouvelle parenthèse militaire.
Pour beaucoup, ce changement précipité ressemble moins à une transition qu’à une stratégie de verrouillage politique.
Le pays connaît ici son cinquième épisode du genre, confirmant une instabilité devenue presque structurelle.

Les opérations militaires répétées en Afrique soulèvent une question cruciale sur la légitimité démocratique dans plusieurs nations fragilisées.
Elles semblent cantonner des sociétés entières dans une boucle où la force prime toujours sur le vote populaire.
Cette spirale nourrit un sentiment d’impuissance citoyenne et fragilise durablement la confiance dans les institutions civiles existantes.
Chaque putsch reporte encore l’idée d’une stabilité construite par le peuple, pour le peuple, et non imposée par des armes.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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