Les deux fils, un neveu et le frère du reggaeman, critique ouvert de la junte de Mamadi Doumbouya, ont été kidnappés à Conakry, suscitant l’indignation générale.
Dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 novembre, aux alentours de 4 heures du matin, les proches du chanteur guinéen Elie Kamano ont disparu. Un enlèvement spectaculaire à son domicile situé à Matoto, en banlieue de Conakry. Les ravisseurs, hommes armés en civil et encagoulés, circulaient à bord de pick-up neufs. Ce qui témoigne d’une opération organisée et planifiée.
Parmi les personnes enlevées figurent les deux fils de l’artiste, Robert et Saa Faoulan Kamano, âgés respectivement de 17 et 14 ans.
Son frère Saa Fomba Kamano, gendarme trentenaire, ainsi que son neveu Antoine Sandouno, âgé de 17 ans. Un autre neveu, âgé de 7 ans, libéré et ramené devant son domicile vers 6 heures du matin. Laissant derrière lui une famille bouleversée et une population sous le choc.
Elie Kamano, connu pour son engagement politique et ses critiques répétées contre la junte du général Mamadi Doumbouya, a immédiatement dénoncé l’acte.
Via une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux dimanche matin.
« Il n’y a aucun doute, ce sont eux qui sont derrière cet enlèvement et qui détiennent mes proches. Ils touchent le fond en s’en prenant à des enfants. Mais je ne céderai pas à leur chantage ». A-t-il affirmé, visiblement inquiet mais déterminé.
Cet enlèvement a provoqué une vague d’indignation à Conakry. Et relance les inquiétudes sur la répression des opposants au régime militaire en Guinée. Les organisations de défense des droits humains s’alarment. Elles dénoncent des méthodes visant à intimider toute voix critique dans le pays.
Alors que la communauté internationale observe avec attention la situation, de nombreux Guinéens appellent à la libération immédiate des victimes et à la protection des familles des opposants politiques. L’affaire met également en lumière les risques encourus par ceux qui osent s’exprimer publiquement contre la junte, en particulier les figures culturelles et artistiques engagées.
Pour rappel, l’artiste guinéen Elie Kamano avait exprimé son souhait d’obtenir la nationalité burkinabè. Il avait également fait part de son intention de s’installer durablement au Burkina Faso.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE
