Boualem Sansal. On a libéré un écrivain

2 semaines

Gracié par les autorités algériennes après un an de détention, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal est revenu en France, où son arrivée a suscité une vive émotion parmi ses proches et un message chaleureux de l’Élysée.

On a libéré l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le mercredi 12 novembre à la suite d’une grâce présidentielle en Algérie. Il a regagné la France. Le retour de l’auteur, tout en précisant que ce dernier choisira lui-même quand et comment il prendra publiquement la parole. Le comité indique vouloir lui laisser le temps nécessaire pour se reposer et se reconstruire après cette année d’incarcération.

À Paris, Boualem Sansal a été reçu à l’Élysée. La présidence française a évoqué un « moment empreint de joie et d’émotion ». Emmanuel Macron a salué « la dignité et la force morale » de l’écrivain. Qualifié de « grand auteur », dont le courage a, selon lui, été exemplaire. Le chef de l’État a également exprimé sa reconnaissance envers le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le président algérien Abdelmadjid Tebboune, mettant en avant une diplomatie menée « dans le calme et le respect ».

Alors que Paris espère désormais la libération du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie, l’Élysée affirme « travailler activement » en ce sens.

Après sa sortie de prison, Boualem Sansal, âgé de 81 ans, avait d’abord été transféré à Berlin afin d’y recevoir des soins.

Depuis l’Allemagne, il avait tenu des propos rassurants : « Je suis costaud, tu sais. Ce n’est pas une petite année de prison qui va me détruire. » Lors de son retour en France, il avait lancé : « Bonjour la France, Boualem revient, on va gagner ! »

Sa condamnation à cinq ans de détention faisait suite à des propos tenus en octobre 2024 dans un média français d’extrême droite, Frontières. Il y affirmait que certaines régions de l’ouest algérien. Notamment Oran et Mascara, auraient précédemment appartenu au Maroc avant la colonisation. Ces déclarations avaient été qualifiées d’« atteinte à l’unité nationale » par les autorités algériennes.

Cette affaire, qui avait alimenté les tensions diplomatiques entre Alger et Paris, a pris un tournant décisif. Avec l’intervention du président allemand, dont la demande a conduit à la grâce et à la remise en liberté de l’écrivain. Pour le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, cette issue marque « une victoire de la diplomatie ». Et la preuve que la concertation l’emporte sur « la brutalité et l’invective ».

HARON LESLIE

photo:dr

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