Olivia Yacé à Bangkok : quand l’éclat ivoirien rencontre la plume thaïlandaise de Pravit Rojanaphruk

4 semaines

À quelques moments des résultats de Miss Univers, Olivia Yacé fascine autant par sa beauté que par son intelligence, sa maîtrise des langues et sa capacité à tisser des ponts culturels.

Pravit Rojanaphruk, journaliste émérite de Khaosod English, l’a rencontrée et témoigne de cette rencontre exceptionnelle. Surtout que l’Ivoirienne a fait preuve de gentillesse et prêter une robe à une « adversaire » qui avait un soucis. Surtout aussi que déjà en Côte d’Ivoire elle était venue en aide à une Ivoirienne en compétition.

Bangkok. Dans les studio clairs de Khaosod English, le journaliste Pravit Rojanaphruk, senior staff writer et voix indomptable de la presse anglophone thaïlandaise, observe, écoute et note. Depuis plus de vingt ans, il scrute le pouvoir et défend la liberté d’expression, parfois au péril de sa liberté, et pourtant il s’émerveille devant Olivia Yacé.

La candidate ivoirienne à Miss Univers ne porte pas seulement l’écharpe nationale. Elle incarne un symbole, celui d’une Afrique francophone longtemps restée à l’ombre des podiums mondiaux. Pravit, diplômé d’Oxford en anthropologie sociale et engagé de longue date dans la défense des droits humains, reste impressionné : « J’étais étonné par sa maîtrise de plusieurs langues et sa capacité à relier Côte d’Ivoire et Thaïlande. »

Olivia, elle, se prépare avec rigueur.

Entre entraînements physiques intensifs, discipline alimentaire stricte et apprentissage du thaïlandais, elle transforme chaque geste en message universel. Désormais, elle sait saluer avec grâce : Sawasdee khrap pour les hommes, Sawasdee kha pour les femmes. Pour dire merci, elle prononce avec douceur : Khop khun khrap / kha. Chaque mot devient un pont, un geste de respect et de gratitude.

Mais ce que Pravit remarque surtout, c’est sa capacité à transcender la beauté pour incarner un message. « Elle ne cherche pas à séduire. Elle s’impose. Non par arrogance, mais par excellence », dit en évoquant cette élégance intellectuelle qui transforme le concours en acte de présence et de culture.

Pour Olivia, Miss Univers n’est pas seulement une scène : c’est un espace de dialogue. Avec son sourire, son regard déterminé et sa voix, elle raconte la Côte d’Ivoire au monde. Et avec Pravit comme témoin, l’Afrique francophone se découvre enfin comprise et admirée par un observateur critique et exigeant, capable de mesurer nuances et subtilités.

À quelques mois du verdict final, Olivia Yacé demeure confiante : « Je donnerai tout pour représenter dignement ma patrie et l’Afrique francophone. » Et pour le peuple ivoirien, elle est déjà une victoire. Celle d’une jeunesse capable de se projeter au-delà des frontières, avec beauté, culture et courage.

HARON LESLIE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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