Pas d’argent au Sénégal: le Fmi entre en scène

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Confronté à une crise économique majeure, le Sénégal sollicite l’aide du FMI, qui dénonce une dissimulation inquiétante des finances publiques.

Le Fonds monétaire international a réagi sans délai à la demande d’assistance économique émise récemment par les autorités sénégalaises.

Le pays traverse une période difficile avec un déficit budgétaire de 14 %. Et une dette atteignant 119 % du PIB national.

Kristalina Georgieva, directrice du FMI, a salué la transparence du nouveau gouvernement sur la gestion opaque de l’ancienne administration.

On accuse le précédent régime, qu’a dirigé Macky Sall, d’avoir masqué les véritables chiffres de la dette et des finances publiques.

Des audits récents ont révélé d’importantes erreurs dans les déclarations budgétaires effectuées entre 2019 et 2023, selon le FMI.

Face à cette situation critique, on a suspendu les décaissements prévus. Dans l’attente de garanties claires des nouvelles autorités.

Mme Georgieva a souligné l’importance de cette mise à jour courageuse, en rendant hommage à la volonté de transparence de Dakar.

« Ce fut longtemps caché, mais ils ont eu le courage de le dévoiler et d’évaluer l’ampleur du désastre », a-t-elle déclaré.

Le FMI prévoit d’envoyer une mission au Sénégal dès la fin de ses réunions annuelles pour examiner les mesures urgentes à mettre en place.

En parallèle, le FMI s’inquiète d’un autre phénomène global : la montée du financement par les secteurs financiers non bancaires (SFNB).

Aujourd’hui, ces structures représentent plus de la moitié des financements mondiaux, ce qui pourrait aggraver une future crise systémique.

Dans un contexte de marges budgétaires limitées, cette tendance inquiète les institutions qui appellent à un renforcement des régulations.

« Nous surveillons cette évolution de très près. Une régulation plus stricte du SFNB devient absolument nécessaire », a alerté Georgieva.

Sur le plan géopolitique, la directrice du FMI s’est aussi réjouie du cessez-le-feu signé à Gaza, salué comme un soulagement attendu.

Elle a insisté sur l’impact économique positif d’une paix durable dans la région, notamment pour l’Égypte, la Jordanie et le Liban.

Selon elle, les conflits prolongés ont réduit les capacités de résilience des économies voisines, déjà fragilisées par des crises internes.

Des programmes d’assistance sont en cours en Égypte et Jordanie ; d’autres sont envisagés pour le Liban et la Syrie en reconstruction.

Georgieva conclut : « Lorsque la paix s’installe, l’aide devient plus efficace et les perspectives de croissance économique redeviennent crédibles. »

JM AHOUSSY

photo:dr

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